Histoires lambeaux

J’écoute cette musique nostalgique, comme un gout d’été avec ces accords de guitare. Je marche sur la plage, les larmes se noient dans la mer. La solitude m’assomme comme une gueule de bois. S’enivrer à la folie de la solitude puis se réveiller avec le bouche pâteuse de tristesse. Musiques électriques lancinantes qui oppressent cerveau et corps. Marcher et marcher pour reprendre ses esprits et comprendre. Le cerveau se laisse laver par l’océan agité. Le bruit du ressac et du vent éveille les neurones qui pas à pas reconstruisent du sens. Le corps détendu accélère et se laisse aller à une danse vacillante sur le sable. Le sourire n’est pas loin.

Brouillard métallique

prendre la route sans conviction, je flotte dans ces matins brumeux, ces matins ni tout à fait les mêmes ni tout à fait différents, le goût amer du sempiternel café, toujours le même, chaque fois je traverse le pont, je suis saisis par le fol espoir -indicible- qu’il s’écroule, qu’une grande vague l’emporte, etc… et moi avec, la radio en fond sonore donne l’illusion que c’est un autre jour mais quand je rencontre un autre habitué du pont je perds davantage mes repères, je mere-perds, la coulée métallique des voitures m’emmène paisiblement de l’autre coté, puis la ville ré-apparait et je suis rassuré, je suis re-vivant, je vais au travail et c’est bien, c’est bien, c’est bien, dis-je au costume cravate posé sur le siège passager, comme pour le rassurer avant de l’obliger à me vêtir, et puis je ris de soulagement, chasser cette angoisse quotidienne qui me rend fou dans ceno-ame’s land entre la maison et le travail.

d’après le photoblog lucidtones, inspiré de la photo throg

Lanterne

Ce rêve n’est pas une guerre
pourtant tout est détruit
la terre, la nature, les gens sont recouverts
blanc os
il n’y a que cette lanterne qui brille
orange rouille
laissant un doute dans mon coeur
rouge figé

d’après le photoblog Lucidtones, inspiré de la photo lantern

Port

C’est un rêve d’ailleurs
sans bouger
je pars
je flotte sur l’océan
je cherche un éden
un lieu de tous les possibles
je cherche la part de l’ange
cette évasion d’un jour qui n’appartient qu’à moi
je cherche un autre moi-même
quelqu’un de meilleur

d’après le photoblog lucidtones, inspiré de la photo Pier

Paperoles

Je lutte contre la sècheresse de mon corps en buvant sans arrêt du thé, jasmin, wu-long, lampsong-souchan, darjeling, assam et thé vert de toutes origines mais jamais le pur-ehr. Ce goût de purin écoeure mes papilles. J’ai peur de mourir déshydraté (12)

Je regarde le ciel, le temps de tourner la tête pour identifier un bruit et le soleil a disparu. Reste la crême des nuages imprimant un bleu éternité dans mes pupilles (20)

Je sèche devant l’impératif de Facebook: que faites-vous en ce moment? (21)

Finir un livre, Naufragée de S. Estibal et Y. Vigouroux. Suis désemparé face au destin des immigrés qui risquent leur vie pour un ailleurs incertain. L’accueil est trop injuste! (31)

Je me délecte des croutes du pain acheté à l’hypermarché (33)

Je ne sais pas me moucher. Tout le monde me regarde bizarrement à chaque fois que je le fais. (34)

J’ai trop dormi dans le train entre Strasbourg et Mulhouse. La lumière du jour était hypnotisante. (42)

Tous ces paysages ont une histoire. Faut-il chercher à la connaitre? (44)

J’ai perdu mes gants en banlieue. Ils étaient tout neuf. Dans la cohue de la gare RER, quelqu’un me les a peut-être dérobé? ou sont-ils bêtement tombé par terre? Gris asphalte, tentant de marcher dessus…(45)

Je ne me rase jamais le dimanche. Question de principe. (46)

Trop sensible, certaines taquineries me blessent plus que de raison. (47)

J’aime marcher pour repenser aux derniers évènements, chercher de nouvelles idées et m’emplir de sensations à écrire. Les mots circulent dans ma tête pas après pas. L’histoire se construit au fil de l’air respiré. (55)

Pour m’endormir, je me raconte moi-même des histoires où je suis espion, super-héro, homme politique, amoureux transis, sportif hors pair,… et parfois d’autres personnages dans des situations plus (hum) érotiques… (56)

je flotte dans ces matins brumeux, ces matins ni tout à fait les mêmes ni tout à fait différents, le goût amer du sempiternel café, toujours le même, chaque fois que je traverse le pont, je suis saisis par le fol espoir qu’il s’écroule ou qu’une grande vague l’emporte, moi avec, le fond sonore de la radio donne l’illusion que c’est un autre jour mais quand je rencontre un autre habitué du pont je perds encore mes repères (66)

Je me concentre mieux avec un fond sonore doux, comme un caresse pour les neurones. Donne l’impression de flotter dans un bain chaud d’idées sauf quand les acouphènes sont là lancinants. (69)

Il y a ces films qui m’émeuvent plus que de raison, je ne veux pas en parler. (70)

sur une proposition d’écriture de Marelle Wiki Ecrit 276