absence de soie

je m'absente, je me donne ces morceaux de rêve au milieu de la brutalité des mouvements et des volumes, la vie s'efface dans un fondu de lumière, je rêve d'ici et de maitenant à la douce sensualité de son baiser, à ses mains créant mon corps, à sa voix incarnant mon existence,

rester encore un peu dans ce brasier blanc qui ne serait plus seulement l'obsession de continuer à respirer

d'après la photo Photo In absentia du photoblog Photoblog Sopheava de Lumière

Enthousiasme coloré

Dans une trainée de couleur
la fille se marie avec la joie
limpide suspension de pollen

L'oiseau siffle
dans un frou-frou écru
douce courbe du jeu

Elle regarde au loin
le vert insouciant
jubilation des promesses

Elle aspire à s'incruster
telle la gouache sur le tableau
dans le pinceau de l'espoir

Ce demain qui se lève
juste devant sa course
l'oeil parsemé d'étoiles filantes.

d'après la photo Smiling Girl du Photoblog Jasonspix

craquelure de mes images

Craquelure de mes yeux
est-ce que ces formes soudainement
surgies?
est-ce autre chose qu’une simple lézarde?
est-ce que la couleur va revenir?
est-ce que la précision,

l’absence d’image n’est pas certaine?
mais la félure est là
distordant d’abord qu’un peu ce que je vois
mais je lutte contre

la brisure définitive
le simple miroir noir
le vide de mes rêves.

d’après la photo Rust II du photofolio de Blog photo de Jeremy Charles

l’écume des jours

dentelles d'écumes
les jours gisant
s'effacent les paroles
dessèchement des nouvelles

les rumeurs tissent dans nos cerveaux
de vieilles angoisses
peur des questions
instables bouillonnements
déstabilisent

la main des pensées glisse
tous ces déchets d'histoires
abandonnés à la macération

d'impossibles oublis
vagues intangibles de disparitions
rien ne se clôt
avant que la vague verte
ne se retire devant nos yeux

d'après la photo Oldnews du photoblog thinsite

cycle de l’ombre

Le cycle de l'ombre

L'homme ne s'y reflète pas, il refuse son ombre, il dévore sa vie qui n'est que lumière, il renvoie au Soleil toute son arrogance, son délire d'immortalité, l'ombre dissipée installe le doute et comme les roues de son vélo tournent le cycle des médisances, seules aisances des mauvaises ombres qui se plaisent à guetter le nombre des absurdités, l'homme les laisse tourner et dériver au rythme de ses coups de pédales et puis il s'arrête fièrement laissant le photographe fixer pour jamais son absence, l'homme soupire de ne pouvoir donner ne serait-ce que l'ombre de son si joli sourire, il pourrait croire alors à la vie infinie.

d'après la photo Bicycle Shadow du photoblog Dutch PhotoDay

Réalité liquide

Réalité liquide

fascination de la lumière, la réalité s'ombre de ses facettes, de clignement en clignement l'oeil se craquele de visages et d'objets qui se superposent, la réalité devient liquide, est-ce juste un reflet de soi ou un rêve violent quand ta vie se mélange à d'autres images?

j'aimerais ne pas être dévoré par le noir, simplement sourire en noir et blanc.

d'après la photo Holga fisheye – double exposure de Jege

Rêve d’arbre

Dépouillé de tout, l'arbre attend
Tristes pas sur la neige
Qui ne veulent pas
Approcher et toucher
Lui qui monte au ciel
Il rit d'infini
Heureux d'avoir les pieds sur terre
Les branches en étoiles
prêtes à applaudir
L'éclat d'une voix
qui saura
lui parler.

d'après la photo A la croisée des chemins d'Edna Branner, issue d'une série intitulée Traces de vie hivernales sur le site Ruedesboulets

Déguster l’oubli

Dans la pénombre brillante
se calfeutrer
dans les coussins exotiques
pour déguster
sous les voûtes antiques
à l’abri de la fureur, de la neige
et de la foudre des rires

juste regarder s’écouler
dans la gorge, le thé
la menthe noire de notre oubli,

disparaître un instant
du miroir du monde.

d’après la photo Thé à la menthe du blog imag in

S’asseoir

Ne plus savoir où s'asseoir, la vie en ruine, marcher,marcher, chercher une blancheur où se poser, ne plus savoir où s'asseoir, si l'on peut s'asseoir, marcher, marcher, marcher, la fatigue donne ce vertige, impossible, impossible, impossible, quand le regard cherche, elles surgissent, ces chaises, des flashs de chaises envahissent la rétine, impossible, impossible, impossible, juste ce rêve fatigué de s'asseoir sans savoir où mais, oui enfin, s'asseoir au bord du mirage

Photo n°37 du blog Sannahkvist.se – She broke my heart so I broke her face

Polygones

Revanche glaciale d'un ciel asphyxié, il aligne au scalpel l'artifice, le sang lumière, le polygone devenu marionnette hurle de ses zébrures, le fantôme d'acier tranché est suspendu, encore une fraction de souffle, avant le déferlement, violence de la chute

d'après une photo de Bénédicte Reverchon, dans la série Les Lumières de la ville, visible à la galerie Vrais Rêves à Lyon et sur leur site vraireves (rubrique expositions en cours)