Mirage joyeux

Le sable brillait d’un halo tendre, nos rires crissaient plus forts que nos pas, on aimait se raconter des histoires de mers et de voyages, l’avenir était au-delà des océans avec force aventures et joyeuses surprises, quand il est apparu, on a cru le reconnaître, ses bras s’agitaient comme un signe d’amitié, une invitation, on a couru

il dansait sur la dune, il glissait avec classe, il virevoltait au milieu de la poussière du sable
… nous avons failli croire à l’arrivée d’un nouvel ami, nous avons failli croire à l’espoir retrouvé, nous avons failli croire en notre survie
… la civilisation à portée de regards
sans un cri … un souffle d’air a dissipé ce mirage joyeux

inspiré des photos de Pierrot Men, d’après la photo Sarodrano 1999

Danse des mains

La danse de ses mains hypnotisent mon regard tout autant que mon corps, flou où mes sens moussent et pétillent, je ne fuis pas cette peur panique du bonheur, cet excès d’effervescence qui dérèglent la raison hallucinée par tant de paisibles sentiments et de plaisirs, j’entends le sourire de nos corps accueillir de concert la jouissance.

inspiré des photos de Pierrot Men, d’après la photo Antsirabe 1998

Je suis

Cela fait longtemps que tu es parti et toutes ces lettres ne suffisent plus. Tu me manques. Cette fois je voulais t’envoyer autre chose que des mots. J’ai demandé à Ali de faire ce dessin de moi aujourd’hui. Il est trop fort, on dirait presque une photo. Qu’en penses-tu. ?

J’essaie de ne pas grandir trop vite en attendant que tu rentres. Pourquoi es-tu parti si loin pour gagner ta vie ? Tu me manques. Ta voix qui me raconte des histoires le soir me  manque. Ton petit bisou et tes chatouilles  du matin pour me réveiller aussi !

Les copains se moquent de moi. Des fois, ils disent que tu fais des choses dégradantes pour gagner ta vie. Des fois, ils disent que je suis orpheline et que je refuse de l’accepter. Je suis trop petite pour leur faire du mal mais je te promets que je leur tape dessus de toute mes forces. Quand je serai plus grande, ils n’oseront plus me dire de telles bêtises.

Tu me manques. Reviens vite ! Tu me prendras dans tes bras comme avant et ils seront jaloux comme des poux. On doit encore changer de camp à cause de la guerre mais je fais comme dans l’histoire que tu m’as racontée une fois : je sème des cailloux entre chaque étape.

Tu me manques, alors, reviens très vite de ton pays d’en haut, du nord où tu as froid. J’aimerais bien que tu m’envoies aussi une photo ou un dessin de toi là où tu vis maintenant. J’ai du mal à imaginer malgré les livres de la bibliothèque.

L’instituteur dit que j’apprends bien et j’espère que tu le vois dans ma lettre.

Cela fait longtemps. Ecris-moi vite, Tu me manques. Grosses grosses bises.

Ta fille

D’après enveloppe « Je suis… » envoyé à Isartpostal

Douce chaleur

Quand l’été dissipe nos soucis
se promener insouciante dans la douce chaleur
laisser les rêves divaguer au gré des pas
poudre de mots suspendus

l’orage attend son heure
pour perturber nos ombres

inspiré du photoblog lalanguedespapillons, d’après la photo Août, la ville

Reflets de la forêt

Marcher dans les reflets de la forêt, ne plus avoir d’autres ombres que ces feuilles perdues, errer comme une âme sans ombre, à la recherche des mots perdus, d’une phrase qui viendrait changer…
et parfois, se laisser éblouir par un contre-jour, cette lucidité de la nature qui vous étourdit et n’attends que votre regard pour se sentir belle.

d’après le blog la langue des papillons, inspiré de la photo Plateau de millevaches 2