Lassés de tant d’absence
les mots sont cassés
au milieu de nulle part
ils sont délaissés.
Journal des mots 23 mars 2019
Atelier d’écriture Hiver 2018-2019 F. Bon, proposition 1
(La corde sensible, tableau de R. Magritte)
J’ai bu ce nuage. Il avait le goût du risque et du merveilleux. Son miel vibrait comme un violon brisé qui faisait apparaître son cortège d’hommes en chapeau melon. Personne ne savait où ils allaient mais toujours ils revenaient devant vous admirer le ciel bleu. Vous faisant croire que quelque chose de fantastique allait survenir sans crier gare.
(La victoire, tableau de R. Magritte)
Le nuage est toujours poli. Il frappe à la porte et attend que quelqu’un lui ouvre pour sortir. Le nuage n’est pas frivole et prend son rôle très au sérieux surtout quand il s’agit de faire rêver ou d’impressionner les hommes. Le nuage se met sur son 31 et se maquille quand c’est nécessaire… un peu de blush pour donner cette illusion de profondeur ou encore ces faux cils pour avoir l’air exotique. Mais quand l’homme au chapeau melon arrive alors la bienséance n’est plus de mise, place à l’extravagance et à l’étrange.
(Le séducteur, tableau de R. Magritte)
Tout en nuages, ce bateau restait pourtant immobile. Aucune brise, ni Alizée, ni vent, ni même une tempête n’arrivait à la faire avancer. Fier de lui, le bateau admirait son reflet dans l’eau et dans le ciel. Selon la météo, il était à peine visible comme s’il voulait disparaître et pourtant il attendait, il attendait patiemment, il attendait son heure, il attendait le retour, il attendait l’homme au chapeau melon pour enfin partir au loin vers le monde fantastique auquel il rêvait.
Tiers Livre, François Bon « en 4000 mots » | recherches sur la nouvelle
20 février 2019
Les mots sont une présence
Éclats de voix lointaines
les mots sont une présence
plus qu’un écho moins qu’un souffle
demeure nuit et lumière.
(Journal des mots 13 mars 2019)
L’incertitude des mots qui saisit
Ébloui par
l’incertitude des mots qui saisit
à la gorge les peurs envahissantes
nous laissant tétanisés
face à l’explosion des possibles.
(journal des mots 13 novembre 2016)
les mots éclaboussent le temps
Danse qui vacille
les mots éclaboussent le temps
qui s’arrête sur ta peau
se laisser frôler par un rire.
(journal des mots 6 novembre 2016)
les mots étranglent parfois le sens
Mécanique étrange
Les mots étranglent parfois le sens
Provoquant une catastrophe
sur le corps tremblant des innocents.
(journal des mots 17 janvier 2016)
Que les mots nous rendent la lumière
Que les mots nous rendent la lumière
pour ces instants fragiles
croquer la vie
à deux doigts de l’infini.
(Journal des mots, 24 janvier 2016)
les mots virevoltent dans la tempête
Accrocher à un brin d’herbe
Les mots virevoltent dans la tempête
s’apprêtant à tatouer nos cœurs
d’une beauté légère.
(Journal des mots 28 mars 2016)
entre les mots et l’infini
Entre les mots et l’infini
il y a ces lignes de fuite
juste l’espace des possibles
au bord de la folie.
(journal des mots n°194, 6 juillet 2014)
les mots jaunes effleurent nos bleus
A l’aube
les mots jaunes effleurent nos bleus
laissant notre lune noire
s’évanouir derrière l’effervescence de la montagne.
(Journal des mots, 23 janvier 2016)