autant qu’il inquiète, le vent distribue parfois de belles pensées
Beauté du geste
Comme un ballon sans gouvernail
l’homme cherche souvent en lui
la folie de Dieu
formant matières et êtres vivants
au-delà de lui-même
et de ses échecs permanents
il aime affronter les éléments
pour la beauté du geste
folie de face
inspiré des photos de Robert and Shana Parkeharrison, d’après la série Architect’s Brother
Si peu de gens
Il y a si peu de gens
dans ce voyage de soi à soi
trop d’espaces vides
d’objets inutiles
et de mélancolie
d’après le photo de Claire Sloan, inspiré de la série Diary – september09
La nature décharné n’apaise plus
La nature décharnée n’apaise plus
ces étranges corps attaqués de rêves
grisants des espaces si lent cieux
dans un monde de papillons
alors que le sang coule
tracé en fuite
les couleurs pales avalent ces objets
les mirages dangereux prolongeant notre vide
inspiré des photos de Robert and Shana Parkeharrison, d’après la série Gray Dawn
Mars incertain
Un ciel lumineux léger en nuage
Sous le soleil des fleurs blanches
j’aimerais croire au retour d’une vie trépidante
mais les contours de mon corps restent flous
impalpable mer de nuage
qui aveugle mon monde sépia et instable
plus vide qu’une bulle d’air
d’après les photos de Claire Sloan, inspiré du la série Diary – march 09
Dans un fauteil
Est-ce que ma vie n’a tenu qu’à un fauteuil? Je me déformais à petits feux dans le mien tout en rêvant à celui du grand patron, fantasme d’un siège solide où l’éternité vennait à toi sans aucun effort à faire,
quand la vie s’enfuyait de mon corps, j’étais venu laminer mon bureau puis mon étage, puis… je déchirais des petits morceaux de papier peint, je cassais ce que ma force me permettait, mon couteau faisait des merveilles, un cadeau de maman,
quand la fatigue était trop forte, je regardais la décrépitude envahir l’immeuble et j’attendais l’affection opportuniste pour enfin me délivrer de tout ce qui me ronge, pire encore que la maladie
d’après la série « The Ruins of Detroit » de Yves Marchand&Romain Meffre, inspiré de la photo Donovan Building.

Jeux graves
Nos jeux et nos folies s’entrechoquaient sans penser à demain jusqu’à ce que la ruine affecte peu à peu nos lieux de luxure laissant pantois ces objets si rassurants, notre vie belle, et nos corps trop légers dans les gravats s’évanouissaient tout doucement dans la lumière… parfois par beau temps il nous est permis de repasser quelques secondes, dans le rayon de lumière, damnation éternelle de voir la décrépitude inexorablement gangréner notre passé.
d’après la série « The Ruins of Detroit » de Yves Marchand&Romain Meffre, inspiré de la photo Ballroom, Fort Wayne Hotel

Musique désarticulée
Il y avait ces moments de grâce où assis devant le piano mes mains appuyaient sur la mélancolie des auditeurs, les larmes glissaient généreusement sur les visages de mes geôliers, je riais des sous-entendus et des aveux de ma musique, ma langue avait finis par ne plus me manquer, ils n’avaient pu m’arracher que cela, leur tortures et leurs humiliations n’étaient qu’un ersatz des bouleversements du monde fuyant sa ruine, les mots étaient devenus si vains face au désastre, il m’a fallu à peine quelques semaines pour les amener au désespoir, à cette rage de tout détruire autour d’eux et… j’ai souris en sentant mon corps se désarticuler sous leurs balles.
d’après la série « The Ruins of Detroit » de Yves Marchand&Romain Meffre, inspiré de la photo piano

Le paysage s’enfuit
Sentir le paysage s’enfuir à grande vitesse
alors que sa vie ailleurs n’est que tristesse
et quand gratter les images
n’apporte que rage
à quelqu’un de trop sage
pour aimer autre chose
que contempler la rose
s’effacer dans le paysage
inspiré du photoblog Nissou*blogphotography, d’après la photo on the road [tasmania] 07

Ecorcher l’absurde
Je n’écorche jamais l’absurde… au cas où