Perdu dans l’air du temps
les mots échoués s’éparpillent
et sous la plume du poète
le monde redevient une merveille.
(journal des mots n°119 / 6 septembre 2012)
île de mots…
Perdu dans l’air du temps
les mots échoués s’éparpillent
et sous la plume du poète
le monde redevient une merveille.
(journal des mots n°119 / 6 septembre 2012)
Avons-nous suffisamment de poussières de mots
pour alléger la pesanteur dans nos vies
qui peine sans fin à comprendre
ce qui pourraient leur arriver?
(journal des mots n°118 / 1er septembre 2012)
à Cécile-Anne H.
La rêveuse est assise dans son jardin. La rêveuse se remémore le livre qu’elle vient de terminer. Une nième variation sur l’amour qui triomphe malgré les obstacles. La rêveuse attend les enfants qui rentrent bientôt de l’école. Ce livre l’a troublé plus qu’elle ne l’aurait imaginé avec ses questions existentielles. Dieu, et tout ça, la rêveuse n’y croit pas mais quand même le doute s’est installé. Il y a peut-être quelque chose plutôt que rien. Et si le coeur n’y est pas, la rêveuse s’est faite belle pour le repas de ce soir. Ses invités. La lassitude la quitte un peu quand elle entend le portail du jardin. Les enfants. C’est l’heure du goûter pour tout le monde.
Sans bruit sans traces
les mots glissent sur la peau du ciel
alors que les étoiles attendent une caresse
les idées se volatilisent.
(journal des mots n°117, 26 août 2012)
Tourbillons d’oiseaux angoissés
les mots en déséquilibre ne savent plus
comprendre le gris
la nuance des sens effleurée.
(journal des mots n°116 / 23 août 2012)
C’est notre secret. Ces mots doux. Ces mots fous. Ces mots tendres. Notre amour est impossible et pourtant, il brille dans nos yeux chaque fois qu’on se croise. Alors, on s’échange ces mots tendres dans cet endroit secret. Je ne sais plus qui a eu l’idée mais c’était plus sûr que les lettres qui tombent quand on se croise. C’est un vrai défi de trouver sur quoi écrire puis ensuite de s’isoler pour faire quelques phrases. Les mots d’amour d’abord, fulgurants et simples. Quelques notes du quotidien, cette survie sans l’autre. Des confessions parfois, sur soi et sur son histoire d’avant la rencontre. Des rêves, plus rarement, sur l’aujourd’hui ou sur demain. De la peur bien sûr, que tout cela finisse d’une manière ou d’une autre. Ces mots éparpillés sur cette cabane en bois, c’est notre histoire, éphémère peut-être mais si vitale.
(texte sur carte postale)
Dans ce paysage abstrait
les mots sont en cendres
et pourtant mon coeur n’a pas brulé
quand tu as frôlé mes phrases de tes yeux.
(journal des mots n° 115 / 22 août 2012)
La main caresse le tableau
frémissent les mots irisés
la joie surprend alors le poète
juste avant l’effacement.
(journal des mots n° 114 / 6 août)
Il me fallait ce moment de légèreté, impérativement, le seul de la semaine, la plage, la mer, le sable sous les pieds, le vent sur le torse, l’apaisement de la nage, tout cela ne suffisait pas à oublier, un quotidien vide de sensations, depuis longtemps je voulais m’élever sur un fil pour me sentir léger et tromper l’ombre des jours malheureux, j’ai appris grâce à un circassien de passage, il a dit être épaté par ma volonté d’apprendre et par la rapidité avec laquelle j’avais saisis l’essentiel, une fois parti j’avais persévéré et me voici maintenant suffisamment à l’aise pour rester plusieurs minutes au-dessus du sol, être funambule, et là, je ne pense plus à rien, je me sens souffle d’air, je m’absente du monde, je le regarde avec un tel détachement que j’ai l’impression de ne plus en faire partir, je suis léger et hors du temps pendant ces quelques pas au-dessus du vide, je m’imagine grain de sable qui s’envole et disparaît.
Arracher de son corps
la peau des mots
la mue est douloureuse
dans la nuit de papier.
(journal des mots n°113 / 5 août )