Saisir la joie soudaine
l’élan des mots capture cette ivresse
la folie des images
qui traverse nos corps intérieurs
(journal des mots n°170 / 14 juillet 2013)
île de mots…
Saisir la joie soudaine
l’élan des mots capture cette ivresse
la folie des images
qui traverse nos corps intérieurs
(journal des mots n°170 / 14 juillet 2013)
Cela pourrait être n’importe où, des rochers en bord de mer comme il en existe des milliers, et pourtant c’est chez moi, nulle part ailleurs je me sens autant moi-même, j’ai l’impression d’être ce vent fort qui balaye sans arrêt l’océan, les falaises et les rochers gris, je m’absente un long moment dans le paysage, je suis le paysage, je suis ces rochers, ces falaises, ces embruns, cet océan agité, ces nuages qui passent à toute vitesse, je me sens alors paisible et heureux, libre, léger, ailleurs, pour une fois, j’ai l’impression de sourire, plus intérieurement, je dois avoir l’air idiot, les rares promeneurs égarés ici à cette heure doivent me prendre pour un idiot ou pour un fou, il m’arrive parfois de tourbillonner sous l’oeil circonspect de certains, je m’en moque, c’est chez moi, c’est le seul endroit où je n’ai de compte à rendre à personne, c’est le seul endroit où j’ai l’impression de pouvoir être moi-même, je me prends à rêver d’une cabane pas loin, voire d’une petite maison avec un jardin, je fais durer au maximum la contemplation du paysage, ignorant les premiers rappels à l’ordre du téléphone portable, et puis de guère lasse, je fais demi-tour, je réponds, je rassure et je m’éloigne de mes rochers bretons.
Après avoir dégusté la croûte des mots
laisser les miettes
s’éparpiller dans le poème
et caresser le silence.
(journal des mots n°169 / 7 juillet 2013)
Les mots s’accrochent à l’été
qui passe
mais n’oublient pas
l’insouciance de l’enfance.
(journal des mots n°168 / 6 juillet 2013)
Parce qu’ils ont une forme impossible
les mots sont les cicatrices
de nos rêves.
(journal des mots n°167 / 29 juin 2013)
Quand il manque
un grain de folie
les mots s’égarent
dans les plis de la tristesse.
(journal des mots n°166 / 28 juin 2013)
Imprévu comme ce rayon de soleil,
les mots nous attrapent soudain
et quand la panique est passée
la phrase se pose d’un souffle.
(journal des mots n°165 / 27 juin 2013)
Une villa mon rêve (même rose) n’a jamais été l’une de mes lubies. Quitte à rêver, je préfèrerais bâtir une œuvre plutôt qu’une maison mais quelques messages sur un blog n’en sont les fondations. Écrire reste un rêve.
En tant que lecteur, j’aime savourer les mots, mâcher les phrases, décortiquer les paragraphes. Je ne me contente pas de lire des yeux, quand c’est possible je lis à haute-voix. Tous les sens se mettent au service du sens.
Et pourtant la jouissance la plus totale surgit devant l’illisible. Je vois bien qu’il s’agit d’un texte mais si l’écriture, la langue ou l’état physique du support en empêche la lecture, alors le rêve peut reprendre place, l’imagination s’ouvrir…
François Le Niçois sur des photos de Xavier Galaup
Vase communicant avec Vu du balcon
Les mots se lassent
et s’en laisse pas compter
attacher à la petite lueur
dans nos yeux qui les lisent.
(journal des mots n°164 / 22 juin 2013)
Le mot libellule se souvient de moi
quand il recommande au vent
de déposer avec les pollens
l’essence des rêves.
(journal des mots n°163bis / 19 juin 2013)