Trois petits pas et puis s’en vont
les mots n’osent plus rien
la parole faseye comme un bateau sans vent
écho d’un monde absent.
Premier baiser

Demain matin, c’est le départ, la fin des vacances et le retour dans notre déprimant appartement parisien. La météo, ciel couvert et couleurs crépusculaires, est à l’unisson de mon spleen.
Cette trop belle parenthèse à Dinard s’achève. Quel immense sentiment de liberté pendant 15 jours ! A part les deux repas de la journée où toue la famille devait être présente, tout le reste de la journée était à notre bon vouloir. Il fallait juste dire où on allait si on s’éloignait des parents. Résultats : des heures à la plage, baignade et bronzage, émerveillement devant tous ces beaux corps, petits échanges de regard complices mais qui ne vont pas plus loin ; un après-midi au mini-golf à s’énerver et à rire ; un peu de lèche-vitrine sans conviction et surtout sans un sou… ; dégustation d’une glace en regardant le coucher de soleil avec petits frissons juste avant que la température ne baisse.
Et surtout cette soirée festive au camping ! J’ai pu accrocher mon premier baiser, une jeune fille aux long cils très tactile et qui m’avait mis en confiance. Je me suis fait chambrer par mon frère pendant des heures… jusqu’à ce qu’on apprenne qu’elle était partie précipitamment avec ses parents suite à la tentative de suicide de sa mère. Autres frissons moins agréables et des cauchemars. Après j’ai broyé du noir et j’ai repoussé toutes les avances à la dernière soirée du camping, de peur d’être maudit.
(Inspiration : https://500px.com/photo/1122527852/dinard-by-yves-l.)
Les mots rêves de frissons
Dans la chaleur étouffante
les mots rêvent de frissons
la parole chante la glace
en attendant le goût sucré de la pluie.
Les mots sont des vêtements
Quand tu habilles la page
les mots sont tes vêtements
la parole est ton bijou
et tes phrases de la douceur.
Les mots caressent nos rêves
Disperser de joyeuses utopies
les mots caressent nos rêves
la parole dépose un soupçon de fantaisie
pour sédimenter nos espoirs.
Les mots risquent de tomber
Après le point
les mots risquent de tomber
la parole hésite en équilibre
certains phrases sont des vertiges.
Croquer à pleines dents, les mots piments
Croquer à pleines dents
les mots piments
la parole brûlante
chaleur réjouissante de la poésie.
Feuilles fatiguées
Feuilles fatiguées
La rivière frissonne
Oiseaux desséchés.
(Haïku 05/07/2026)
Les mots se déhanchent dans le vide
Tous ces mouvements absurdes
les mots se déhanchent dans le vide
la parole déstructure l’air
le poète harassé ne sait quoi.
Les mots chatouillent ton oreille
Lisière de la caresse
les mots chatouillent ton oreille
la parole sème ses graines de rire
et soudain un peu de sensualité sur l’herbe sèche.