L’évidence est trop fragile pour s’imposer à l’avenir.
(phrase du jour)
île de mots…
L’évidence est trop fragile pour s’imposer à l’avenir.
(phrase du jour)
Hypnotisé par tant de lectures
je cherche mes mots
ceux que j’aurais
oublié de lire
(journal des mots n°15, 29 janvier 2012)
je l’ai attendu, elle a fini par arriver cette satanée neige, ces derniers temps le ciel était lourd de belles promesses mais rien n’y faisait, les nuages s’éloignaient et je redevenais triste, irritable, j’avais pris ma décision à l’automne de venir m’installer définitivement à la montagne, je voulais en finir avec la ville et ses passages incessants du désir, j’ai tout liquidé y compris ma solitude, je me sentais léger dans ce chalet, au début j’étais joyeux et l’attente ne comptait pour rien, tout était réglé dans ma tête, je me délectais du paysage, je me fatiguais avec de longues randonnées, je dormais tout mon saoul, je m’enivrais du vent et du froid, je vivais avec une rare intensité, la neige et la fin de l’histoire n’allaient plus tarder, et puis l’hiver a été particulièrement clément et l’attente devenait étouffante, je n’en pouvais plus, moi qui avait prévu de mourir avant Noël, tous mes plans étaient chamboulés, insomnie et aboulie m’ont gagné, j’ai dû faire bonne figure lors du passage des gardes forestiers, après leur passage tout me fatiguait, je ne voulais plus sortir, je mangeais à peine, je cassais et sciais sans cesse des bûches, je tournais en rond et je détestais ces nuages qui ne faisaient que traverser mon horizon, jusqu’à hier… maintenant la paix blanche est venue, je suis heureux, j’admire la mer de lumière devant mes yeux, je fais durer encore un tout petit peu et je vais sortir pour une ultime danse.
d’après la photo du jour 3 février 2012 de @serdar_g sur Webstagram
impression de tanguer
de certains moments d’absence
s’effiloche la ouate des mots
quand la voix lâche
ses pierres sur mon coeur
(journal des mots n°14, 27 janvier)
La flamme s’efface dans l’oreille des sons électroniques.
(phrase du jour)
Après une nuit hagarde à regarder les tourbillons noirs dans le ciel de Paris, je sortais dans la rue. J’espérais retrouver tous mes sens en respirant la foule et en marchant au hasard. Les oiseaux et les feuilles d’arbre planaient de façon menaçante. Mon cerveau cherchait de l’air. Les touristes et leurs trajectoires idiotes me donnaient envie de rire jaune. J’ai acheté une gaufre et j’ai repensé à mon enfance si heureuse. Je chantais tout le temps. On ne m’obligeait à rien. Aujourd’hui… Je marche en zigzaguant vers une sculpture dansante, ces inengendrés qui tentent de se faire comprendre du ciel sombre. Je continue à marcher au hasard. Je fuis l’Echappée qui voudrait nous absorber. Je continue à marcher au hasard. Je m’arrête trop longtemps devant cet arbre blanc inaccessible mais si beau. Je voudrais continuer à marcher au hasard mais je reste immobile, sans attente, sans peur, sans désir.
d’après le photoblog de Luc Lombarda, inspiré de la photo Ballade à Paris du 24/10/2010
une voix qui tremble
prisonnière d’un écho atone
les mots s’évaporent
sur la blancheur des nos pensées
(journal des mots n°13/ 23 janvier 2012)
la lumière a replié le temps.
(phrase du jour)
J’aime contempler les paysages, je marche beaucoup, qu’une ambiance m’accroche alors je me pose, je laisse mon corps et mon regard emmagasiner des impressions, des images, des idées, parfois c’est comme si j’étais en suspension dans l’air à ressentir le moindre mouvement du paysage, j’ai une affection toute particulière pour la pierre rouge et brute avec un minimum de végétation, je marche au milieu comme si j’étais sur la Lune ou sur une terre inconnue et à défricher, c’est là que je l’ai rencontré au milieu de nulle part, comme une apparition, elle avait un charme indéfinissable, elle m’a séduit par son regard tendre et sa mine espiègle, elle semblait aller toujours de l’avant, prête à sauter dans la vie avec moi.
inspiré de la photo du jour le 27 janvier 2012 de @x_seth sur web.stagram.com