Numériser et mettre à disposition en ligne les collections musicales des bibliothèques

Ne pouvant être présent aux rencontres nationales 2008 des bibliothécaires musicaux à Toulouse, je fais une ou deux contributions complémentaires aux réflexions déjà copieuses du programme.

Cela fait quelques temps que j’ai découvert un logiciel libre, Ampache, qui permet de déposer sa collection de fichiers musicaux sur un serveur web afin de pouvoir l’écouter de n’importe où dès que l’on a un accès web. Dans le cadre de la législation actuelle, ce logiciel est réservé à un usage privatif via un accès sécurisé. Mais il me semble tout à fait adapté à la mise en place d’une numérisation collaborative et la mise à disposition en ligne des collections de disques.

J’imagine le processus en 2 phases. La première phase consisterait à numériser de manière collaborative, c’est à dire en se partageant les fonds à numériser (pochette comprise), soit via une déclaration (je numérise tout Johnny Halliday ou tout Occora Radio France), soit via une répartition plus formelle à définir lors d’une réunion de concertation. A cette étape, on peut numériser à l’aide d’un format assurant, en l’état actuel de nos connaissances la pérennité du fichier.

La seconde phase consisterait à mettre en ligne sur un serveur partagé ces collections sous un format MP3 ou MP4 (compression à définir) et sans DRM. Ce qui permettrait d’avoir une banque sonore conséquente afin d’alimenter le streaming et les offres de téléchargement à construire. L’idéal serait que ces ressources partagées soient ensuite disponible sous forme de webservices à intégrer dans nos catalogues ou nos portails documentaires. Sur cette partie, il y aurait du développement à faire sur Ampache mais cela serait peut-être un moyen de ne plus dépendre d’autres webservices (suivez mon regard c’est américain et cela commence par A…)

Je ne méconnais pas les problèmes de droit qui restent à régler soit grâce à un lobbying visant à faire évoluer la loi vers un compromis entre une juste rémunération des auteurs et le budget des collectivités soit via une jurisprudence sur des bibliothèques où élus et bibliothécaires ont mis en place des services numériques musicaux malgré les risques juridiques.

L’inventivité et le foisonnement d’initiative dans le monde du logiciel libre ou du web 2.0 montre une fois de plus que ce n’est plus un problème d’outils mais de volonté de notre part à faire évoluer les mises en valeur de nos collections. Il y a aussi un peu une question de moyen mais le partage du coût de l’hébergement, du développement et de la maintenance d’une telle plate-formes rendra le coût très vite abordable pour chaque structure.

Qu’en pensez-vous?

13 pensées sur “Numériser et mettre à disposition en ligne les collections musicales des bibliothèques”

  1. Je pense que la première étape serait précisément de regarder du coté de la législation. Plusieurs fournisseurs d’accès se sont lancés dans la diffusion de musique en streaming de façon à en faire un produit d’appel, je doute donc fort que les bibliothèques soient autorisées à en faire autant pour le moment. Who knows, ça arrivera bien à un moment ou à un autre.

  2. quelque part ça me fait penser à cette belle utopie de catalogage partagé ou autre catalogue collectif. Ne pourrait-on commencer par partager nos fichiers musicaux type « coups de coeur » entre discothécaires ?on resterait dans un cadre privé qui pourait nous épargner les pbs juridiques ? Cela pourrait servir de test et voir déjà si cela fonctionne ?

  3. @Sophie: Très belle idée! Je vais voir de manière plus précise pour l’installation sur un hébergement acim ou bibliothécaires musicaux de l’Est.

  4. Entierement d’accord avec Discobloguons, l’étape qui pose problème et sur laquelle il faut travailler, c’est l’aspect juridique. C’est sur cet aspect (juridique et major du disque)que les bibliothèques ont intérêt à se fédérer pour se faire entendre et faire avancer les choses comme elles le souhaitent.

  5. Salut Xavier, je me demande parfois si nous ne devrions pas précéder le droit, en numérisant, puis en présentant le résultat final à nos décideurs. Cela accélérerait peut être les choses?

  6. mais pourquoi rester entre discothécaires si vous partagez vos coups de coeurs? y a juste à créer un compte discothécaire sur last-fm et à l’utiliser non? (d’ailleurs il existe pas déjà?)

  7. @Bibliobsession: Oui, il existe bien un groupe discothécaires.

    L’idée de Sophie C. est d’expérimenter l’outil entre nous surtout qu’il y a des problèmes de droits…

  8. si le public télécharge des fichiers depuis chez lui, pourquoi viendrait-il à la médiathèque ?
    Le principal problème, à mon avis, ce ne sont pas les questions de droit, puisque dans la pratique, le « consommateur de musique » ne s’en occupe pas, mais bien celui de notre rôle en tant que bibliothécaire musical : fournir de la musique compressée au km, ce n’est pas mon métier…
    Et de toutes façons, tout le monde en trouve facilement sans moi…

  9. @eric1871: La numérisation des collections n’est pas antinomique avec l’existence de nos établissements. Il faut renouveller les services et les activités que nous proposons dans nos locaux. Voir mon article dans la revue de l’ABF, Bibliothèque(s).

    Etes-vous sûr que toute la musique se trouve sur internet? Je ne crois pas que la diversité de nos fonds existe sur la toile. Elle est souvent en écoute partielle (30 seconde), en téléchargement payant ou en téléchargement illégal pour les plus doués. Mais il n’y a aucune mise en perspective de l’histoire de la musique et des liens entre genres musicaux… La qualité des fichiers est assez dégradée… Bref notre rôle de médiateur a de l’avenir dans le contexte actuel… à condition de s’en donner les moyens.

  10. Si je puis me permettre et pour répondre à Cyrz : j’ai tenté de mettre la playlist des discothécaires normands sur Deezer, le pb c’est qu’il n’y a pas tout sur Deezer (ce qui démontre par là même que nous pouvons être de réels prescripteurs 😉
    C’est pourquoi l’idée de Xavier me parait vraiment interessante et peut être nous fédèrerait un peu plus ? En tout cas cela nous ferait une jolie vitrine pour nous mettre en position de négociations, si on prend toutes les bib musicales et leur potentiel d’usagers ?

Les commentaires sont fermés.