Y aura-t-il du foot en bibliothèques?

Alors que les multiplexes de cinéma s’engagent sur une diversification de leurs offres avec des retransmissions d’Opéra ou dans quelques jours de matchs de l’Euro 2008, exemple ici, pourquoi les bibliothèques ne participeraient pas à cet évènement?

Quand on pense que les sports sont une pratique sociale très développé, que les documentaires dans ce domaine sont très prisés (est-ce encore vrai?), que L’Equipe est le journal le plus lu en France, participer à un évènement sportif de grande ampleur serait un excellent moyen pour les bibliothèques pour faire évoluer leur image!

Il est probablement trop tard pour négocier la retransmission de match dans nos locaux ou dans nos salles d’animation (pas d’excuse pour ceux qui n’ont pas de grand écran, cela doit pouvoir se louer…) Les tarifs sont d’ailleurs peut-être prohibitifs pour nos collectivités.

A défaut ou en complément de ces retransmissions, nous pouvons tout à fait envisager un programme d’animation: créer un coin Euro 2008 avec les résultats et toutes les informations, faire venir les footballeurs connus et moins connus du coin pour des rencontres ou des discussions autour des matchs, jeu de pronostics avec des abonnements gratuits à gagner,… Vous pouvez ajouter d’autres idées en commentaires.

Je vois certains d’entre-nous tenté par une contre-programmation à dimension culturelle: conférences philosophiques, concert de musique traditionnelle,… et pourquoi pas les deux? Comme une chaîne de restauration rapide, nous pourrions oser l’alternative: Foot ou philo? A vous de décider… et proposer deux activités le même soir. Pourquoi pas des animations jeunesses pour les enfants qui n’auraient pas le droit de regarder le foot?

Si des bibliothèques ont proposé ou proposent des actions en lien avec le foot ou tout autre sport, j’attends le descriptif dans les commentaires. Sinon, qui est prêt à relever le défi? Je vois bien Angers comme première BU Foot!

Pour terminer, dans le cadre du concours des Biblioclip, qui filme un match de foot (ou presque) dans les rayonnages de sa bibliothèque?

Colloque Nouveaux publics en bibliothèques : chantier en cours

Les prochaines journées d’étude transfrontalières Biblio 3 auront lieu les lundi 22 et mardi 23 septembre 2008 à la Préfecture du Haut-Rhin (Colmar).

De l’analyse des publics et de leurs pratiques en passant par les évolutions liées à internet, de nombreux exemples d’actions innovantes pour conquérir de nouveaux publics seront présentées. En fin de colloque, nous visiterons en détail les approches marketing des bibliothèques polonaises avec Henryk Hollender (Politechnika Lublelska, Lublin /Pologne) et finlandaises avec Maja Berndtson (Bibliothèques de Helsinki, Finlande).

Programme détaillé

Lundi 22 septembre 2008

Matinée

Modératrice : Suzanne Rousselot, Médiathèque Départementale du Haut-Rhin

10h00 : Ouverture du colloque par Charles Buttner, Président du Conseil Général du Haut-Rhin

10 h30- 12 h00 : Fréquentation, usages et image des bibliothèques publiques en France – Christophe Evans, Bibliothèque Publique d’Information, Paris. (F)

Après-midi

Modérateur : Gerhardt Matter, Bibliothèque cantonale de Bâle-campagne (CH)

14h00- 15h15 : Fontaines de connaissance ou musées du livre : les bibliothèques municipales vues par les non-usagers – Olivier Moeschler (Observatoire science, politique et société, Université de Lausanne) (CH))

15h30- 17h00 : L’approche sociologique « sinus-milieux » et la définition ciblée de publics : sa transposition en bibliothèque – Gabrielle Kesselmeier, bibliothèque municipale de Hannover-Linden (D)

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Les bibliothèques musicales producteurs?

Voici une nouvelle contribution pour les rencontres nationales 2008 des bibliothécaires musicaux: les bibliothèques musicales ne devraient-elles pas s’inscrire dans le mouvement de site comme MyMajorCompagny , Spidart et autre Beproducer, en produisant ou contribuant à produire des albums?

Au-delà de la médiation des musiques via des sélections d’albums existants ou grâce aux coups de coeur, les bibliothécaires musicaux se positionneraient encore plus comme des auditeurs avisés en choisissant des artistes à produire. C’est aussi manière de se faire connaître en participant à ces réseaux sociaux de production hors labels établis. Nous pourrions participer à la promotion de ces artistes qui, en échange de la contribution financière, nous fourniraient plusieurs exemplaires de leur album et viendraient faire des concerts dans nos médiathèques…

Cela nous permet d’accéder plus facilement à cette forme de production d’albums pas toujours dans le commerce. Il reste à trouver la case comptable dans laquelle les collectivités pourraient payer cette production. Dans des Conseils Généraux, il y a en ce moment un intérêt pour les musiques actuelles, ce pourrait être le moyen de trouver des financements grâce à des partenariats en interne.

Prêt(e)s à se lancer dans la production?

Numériser et mettre à disposition en ligne les collections musicales des bibliothèques

Ne pouvant être présent aux rencontres nationales 2008 des bibliothécaires musicaux à Toulouse, je fais une ou deux contributions complémentaires aux réflexions déjà copieuses du programme.

Cela fait quelques temps que j’ai découvert un logiciel libre, Ampache, qui permet de déposer sa collection de fichiers musicaux sur un serveur web afin de pouvoir l’écouter de n’importe où dès que l’on a un accès web. Dans le cadre de la législation actuelle, ce logiciel est réservé à un usage privatif via un accès sécurisé. Mais il me semble tout à fait adapté à la mise en place d’une numérisation collaborative et la mise à disposition en ligne des collections de disques.

J’imagine le processus en 2 phases. La première phase consisterait à numériser de manière collaborative, c’est à dire en se partageant les fonds à numériser (pochette comprise), soit via une déclaration (je numérise tout Johnny Halliday ou tout Occora Radio France), soit via une répartition plus formelle à définir lors d’une réunion de concertation. A cette étape, on peut numériser à l’aide d’un format assurant, en l’état actuel de nos connaissances la pérennité du fichier.

La seconde phase consisterait à mettre en ligne sur un serveur partagé ces collections sous un format MP3 ou MP4 (compression à définir) et sans DRM. Ce qui permettrait d’avoir une banque sonore conséquente afin d’alimenter le streaming et les offres de téléchargement à construire. L’idéal serait que ces ressources partagées soient ensuite disponible sous forme de webservices à intégrer dans nos catalogues ou nos portails documentaires. Sur cette partie, il y aurait du développement à faire sur Ampache mais cela serait peut-être un moyen de ne plus dépendre d’autres webservices (suivez mon regard c’est américain et cela commence par A…)

Je ne méconnais pas les problèmes de droit qui restent à régler soit grâce à un lobbying visant à faire évoluer la loi vers un compromis entre une juste rémunération des auteurs et le budget des collectivités soit via une jurisprudence sur des bibliothèques où élus et bibliothécaires ont mis en place des services numériques musicaux malgré les risques juridiques.

L’inventivité et le foisonnement d’initiative dans le monde du logiciel libre ou du web 2.0 montre une fois de plus que ce n’est plus un problème d’outils mais de volonté de notre part à faire évoluer les mises en valeur de nos collections. Il y a aussi un peu une question de moyen mais le partage du coût de l’hébergement, du développement et de la maintenance d’une telle plate-formes rendra le coût très vite abordable pour chaque structure.

Qu’en pensez-vous?

Renforcer la coopération entre bibliothèques

Le contexte actuel de détérritorialisation des bibliothèques et la nécessité de développer des services impliquent à mon avis l’instauration d’une coopération renforcée entre bibliothèques tant au niveau local (communauté de communes, département, région) et national. Il serait temps d’arrêter de mettre en place chacun dans son coin ses services. On peut envisager des expérimentations ponctuelles qui une fois concluante feraient l’objet d’une mutualisation plus large.

Cette indispensable coopération concernerait à la fois les activités liées aux services « physiques » et virtuels. Voici quelques pistes non-exhaustives:

  • politique d’acquisition sur un territoire (et de conservation)
  • circulation des documents pour permettre le prêt et le retour n’importe où. Il existe déjà des initiatives dans des communautés d’agglomération ou des départements mais il serait heureux que cela soit plus systématique.
  • coups de coeur ou bibliographies critiques, soit sous forme d’édition de fascicules, soit sous forme de sites internet coopératifs autour de Zazieweb par exemple. Une grande surface spécialisée et des librairies sortent régulièrement des bibliographies. Les bibliothécaires qui sont aussi lecteurs, auditeurs ou spectateurs et plus nombreux n’arrivent pas à coopérer à ce niveau. Quel dommage!
  • coopération autour des ressources numériques à renforcer autour des associations de coopération pour négocier les droits.
  • plate-forme de questions/réponses du type Biblioses@me ou Guichet du savoir. J’entends ici où là des collègues qui réfléchissent à créer ce genre de service de leur coté… Serait-on atteint du syndrome du catalogage où chacun fait ses notices dans son établissement? Deux services du même type, c’est déjà beaucoup.
  • Numérisation des documents. Est-ce qu’on va numériser tous les mêmes documents?
  • Conservation partagée, au-delà des périodiques et du dépôt légal, quid de la musique enregistrée (vinyl, CD et DVD) et de l’image animée?
  • d’autres idées?

Quelqu’un suggérait que l’un des obstacles à une meilleure coopération entre bibliothèques serait l’empilement des compétences entre collectivités. Chacun souhaite assumer totalement la lecture publique avec en plus une compétition entre élus voir entre professionnels.

Aujourd’hui (comme avant certainement) la difficulté à coopérer tient plus aux blocages entre personnes (élus ou bibliothécaires) qu’aux difficultés technologiques et juridiques.

En lien avec le groupe de travail Bibliothèques Hybrides mis en place par l’ABF qui portera entre autres ma proposition de Bibliolab, je forme le voeu que l’esprit de coopération souffle davantage en France. Il est, me semble-t-il, un des éléments clés de notre pérennité dans les bouleversements en cours.

Musique 2.0 et bibliothèques: paysage et perspectives

Voici le diaporama présenté lors de la journée d’étude organisée par le groupe ABF PACA, Musique numérique en bibliothèque: innover pour résister. Vous pourrez consulter bientôt sur cette page l’ensemble des interventions de cette journée.

Mon diaporama reprend et actualise mes présentations précédentes sur le sujet.

N’hésitez pas à réagir et compléter.

Un micro-blog pour la BDP

Il n’y a pas que pour les stagiaires que les formations puissent être profitables… Ainsi à la suite d’échanges lors la formation Les Bibliothèques ont-elles besoin du web 2.0 (organisé par l’Enssib) pour lequel j’ai fait une intervention, -et même si certains stagiaires ont le blues– je me suis dit qu’il serait utile de créer un micro-blog sur Twitter pour la Médiathèque Départementale du Haut-Rhin: mediatheque68.

Il s’agit d’une part de disséminer la bibliothèque sur une plate-forme de web 2.0 afin d’y favoriser à moyen et/ou long terme des interactions avec les internautes et d’autre part de disposer d’un système de brèves très souple. L’objectif est pour l’instant d’informer de manière très succincte et régulière sur nos différentes activités: les tournées de prêt direct, les formations, les animations (y compris des annonces en amont afin d’attiser la curiosité) et autres à déterminer. Ces brèves seront bientôt intégrées dans le menu gauche de notre site…

Des expériences similaires? Des suggestions?

Identifier un site internet de bibliothèque?

En travaillant sur le site internet de notre portail documentaire pour le Haut-Rhin qui ouvre dans quelques jours (le buzz est lancé, j’en reparlerais bien sûr…), je me demandais comment faire pour que dès le premier contact visuel l’internaute sache qu’il est sur le site d’une bibliothèque… ce qui semble facile pour de nombreux sites marchands semble moins évident pour nous.

Des idées? Des exemples?

Améliorer l’accessibilité des sites de bibliothèques publiques

Comme le fait remarquer judicieusement le titre de la prochaine journée d’étude de la Fulbi, il est temps de séduire en ligne y compris les publics malvoyants.

Je découvre grâce à l’Artesi IDF, un logiciel devenu libre qui a l’air d’être le couteau suisse que l’on peut ajouter à nos sites internet. Confort de lecture, joli nom au passage, apporte une réponse qui semble facile à mettre en oeuvre pour rendre accessible nos sites internet pour les malvoyants.

Ce logiciel permet « un accès direct optimisé pour un afficheur braille ou vocal, mais également une lisibilité améliorée et personnalisable des pages selon plusieurs paramètres. »

« La solution Confort de lecture s’adapte aussi bien aux sites simples que complexes ; elle est en mesure de traiter en temps réel l’intégralité des pages d’un site, qu’il soit développé en A.S.P., Java, P.H.P. ou .NET. Elle s’appuie sur les recommandations du W3C et de la D.G.M.E. et peut être en mode «Webservice» ou en mode « intégré » permettant de ce fait une utilisation sur Internet et sur les Intranets. »

Vous avez une zone de test sur le site. Allez jeter un oeil, c’est assez épatant.

Il n’y a plus aucune raison pour ne pas s’y mettre. Je vais étudier sérieusement la chose pour notre site, notre portail à venir et militez pour que notre Conseil Général l’utilise.

A consommer sans modération!

Revoir le fonctionnement du prêt en bibliothèque publique

En préparant une intervention sur l’évolution des bibliothèques face au numérique, je lisais une excellente enquête faite à Genève sur les non-usagers, les interrogeant sur l’image qu’ils se font de nos établissements, des bibliothécaires, sur l’accueil, sur les obstacles à la fréquentation et leurs attentes.

Cette enquête n’apporte rien absolument révolutionnaire mais elle confirme une nouvelle fois les freins que constituent les contraintes liées aux horaires d’ouverture et aux conditions de prêt.

Si des expériences sont tentés pour favoriser les prêts comme le Pass’partout à Haguenau (prêt de 4 semaines sans limitation de documents sauf 1 partition maximum), le schéma d’un quota par type de support (comptabilité parfois complexe et pas toujours justifié: pourquoi limiter le nombre de cd alors que les bacs débordent?) et pour une durée de 3 à 4 semaines reste majoritairement appliqué. Et si les usagers sont en retard et ont oublié de faire prolonger leurs prêts, les amandes sont parfois salées quand il s’agit d’une famille…

Rapprochons maintenant ce carcan de la disponibilité permanente des ressources web et de son offre supposée infinie auquel vient s’ajouter le développement de service de prêt numérique, est-ce qu’il n’est pas temps de revoir complètement notre conception du prêt?

Je pense pour ma part qu’il devient indispensable de penser autrement ce service notamment pour le fluidifier davantage. Quelques suggestions en vrac:

  • généraliser les boites de retour
  • repenser les durées de prêt par rapport à son contexte. Les rythmes et la manière de vie des français ont changé, les durées et conditions de prêt en bibliothèque très peu. Il serait bien sûr utile de revoir en même temps nos jours et heures d’ouverture. C’est un autre débat.
  • supprimer le nombre limite de livres empruntables et dès que la collection le permet pour les autres supports. Nous le pratiquons le prêt illimité tout support dans les bibliobus du Haut-Rhin et la très grande majorité des gens s’autolimitent en fonction de ce qu’ils savent pouvoir lire d’un passage à l’autre.
  • faciliter le prolongement du prêt par tous les moyens de communication (site web, téléphone mail,…) et accepter plusieurs prolongations avec comme contre-partie de demander le retour de l’un ou l’autre document s’il fait à un moment donné l’objet d’une réservation.
  • envoyer les documents au domicile par la poste

D’autres idées pour éviter que le prêt devienne une pratique ringarde?

Je sais que l’une des grandes angoisses du bibliothécaire est d’avoir des rayonnages vides… Il me semble quand même que l’objectif est d’abord de faire circuler les documents.

L’un des autres point mis en exergue par l’enquête genevoise, c’est la mauvaise image des bibliothèques auprès des ces non-usagers. J’y reviendrais.