Bibliostream, inscrire les activités de la bibliothèque sur le web

Le web participatif ou inscriptible et son cortège d’outils (blog, réseaux sociaux, micro-blogging, photos,…) amène leurs utilisateurs intensifs pas forcément les geeks à refléter de plus en plus en ligne leurs activités quotidiennes, leurs pensées et leurs relations sociales. Certains analystes désignent ce phénomène sous la notion de Lifestream, le flux de sa vie numérique.

L’arrivée de Chermédia, l’agora des bibliothécaires du Cher, signalé par notre cher Bibliobsédé et la multiplication des pages institutionnelles sur Facebook (BnF, BPI, BNUS, E-Music Box de la BM de Limoges…) marquent, il me semble, un tournant pour les bibliothèques françaises qui commencent à affirme de plus en plus leur présence sur le web participatif et social.

Il ne manque plus grand chose pour que naisse le Bibliostream, le flux de la vie des bibliothèques, qui donneraient à voir en ligne différentes activités pas toujours visibles: réunion d’acquisitions, arrivée des nouveautés et leur traitement, faire écouter les disques que les bibliothécaires musicaux indexent, bibliothèques de rue ou hors les murs, accueil de classes ou de groupes, rangement des documents… De la vidéo au simple mini-message en passant par une série de photos ou une interview, les formes ne manquent pas pour rendre plus vivant et attractif nos sites internet mais aussi changer l’image de nos structures et de notre métier.

Qu’en pensez-vous? Des remarques? Des exemples?

Colloque Nouveaux publics en bibliothèques : chantier en cours

Les prochaines journées d’étude transfrontalières Biblio 3 auront lieu les lundi 22 et mardi 23 septembre 2008 à la Préfecture du Haut-Rhin (Colmar).

De l’analyse des publics et de leurs pratiques en passant par les évolutions liées à internet, de nombreux exemples d’actions innovantes pour conquérir de nouveaux publics seront présentées. En fin de colloque, nous visiterons en détail les approches marketing des bibliothèques polonaises avec Henryk Hollender (Politechnika Lublelska, Lublin /Pologne) et finlandaises avec Maja Berndtson (Bibliothèques de Helsinki, Finlande).

Programme détaillé

Lundi 22 septembre 2008

Matinée

Modératrice : Suzanne Rousselot, Médiathèque Départementale du Haut-Rhin

10h00 : Ouverture du colloque par Charles Buttner, Président du Conseil Général du Haut-Rhin

10 h30- 12 h00 : Fréquentation, usages et image des bibliothèques publiques en France – Christophe Evans, Bibliothèque Publique d’Information, Paris. (F)

Après-midi

Modérateur : Gerhardt Matter, Bibliothèque cantonale de Bâle-campagne (CH)

14h00- 15h15 : Fontaines de connaissance ou musées du livre : les bibliothèques municipales vues par les non-usagers – Olivier Moeschler (Observatoire science, politique et société, Université de Lausanne) (CH))

15h30- 17h00 : L’approche sociologique « sinus-milieux » et la définition ciblée de publics : sa transposition en bibliothèque – Gabrielle Kesselmeier, bibliothèque municipale de Hannover-Linden (D)

Continuer la lecture de « Colloque Nouveaux publics en bibliothèques : chantier en cours »

Numériser et mettre à disposition en ligne les collections musicales des bibliothèques

Ne pouvant être présent aux rencontres nationales 2008 des bibliothécaires musicaux à Toulouse, je fais une ou deux contributions complémentaires aux réflexions déjà copieuses du programme.

Cela fait quelques temps que j’ai découvert un logiciel libre, Ampache, qui permet de déposer sa collection de fichiers musicaux sur un serveur web afin de pouvoir l’écouter de n’importe où dès que l’on a un accès web. Dans le cadre de la législation actuelle, ce logiciel est réservé à un usage privatif via un accès sécurisé. Mais il me semble tout à fait adapté à la mise en place d’une numérisation collaborative et la mise à disposition en ligne des collections de disques.

J’imagine le processus en 2 phases. La première phase consisterait à numériser de manière collaborative, c’est à dire en se partageant les fonds à numériser (pochette comprise), soit via une déclaration (je numérise tout Johnny Halliday ou tout Occora Radio France), soit via une répartition plus formelle à définir lors d’une réunion de concertation. A cette étape, on peut numériser à l’aide d’un format assurant, en l’état actuel de nos connaissances la pérennité du fichier.

La seconde phase consisterait à mettre en ligne sur un serveur partagé ces collections sous un format MP3 ou MP4 (compression à définir) et sans DRM. Ce qui permettrait d’avoir une banque sonore conséquente afin d’alimenter le streaming et les offres de téléchargement à construire. L’idéal serait que ces ressources partagées soient ensuite disponible sous forme de webservices à intégrer dans nos catalogues ou nos portails documentaires. Sur cette partie, il y aurait du développement à faire sur Ampache mais cela serait peut-être un moyen de ne plus dépendre d’autres webservices (suivez mon regard c’est américain et cela commence par A…)

Je ne méconnais pas les problèmes de droit qui restent à régler soit grâce à un lobbying visant à faire évoluer la loi vers un compromis entre une juste rémunération des auteurs et le budget des collectivités soit via une jurisprudence sur des bibliothèques où élus et bibliothécaires ont mis en place des services numériques musicaux malgré les risques juridiques.

L’inventivité et le foisonnement d’initiative dans le monde du logiciel libre ou du web 2.0 montre une fois de plus que ce n’est plus un problème d’outils mais de volonté de notre part à faire évoluer les mises en valeur de nos collections. Il y a aussi un peu une question de moyen mais le partage du coût de l’hébergement, du développement et de la maintenance d’une telle plate-formes rendra le coût très vite abordable pour chaque structure.

Qu’en pensez-vous?

Renforcer la coopération entre bibliothèques

Le contexte actuel de détérritorialisation des bibliothèques et la nécessité de développer des services impliquent à mon avis l’instauration d’une coopération renforcée entre bibliothèques tant au niveau local (communauté de communes, département, région) et national. Il serait temps d’arrêter de mettre en place chacun dans son coin ses services. On peut envisager des expérimentations ponctuelles qui une fois concluante feraient l’objet d’une mutualisation plus large.

Cette indispensable coopération concernerait à la fois les activités liées aux services « physiques » et virtuels. Voici quelques pistes non-exhaustives:

  • politique d’acquisition sur un territoire (et de conservation)
  • circulation des documents pour permettre le prêt et le retour n’importe où. Il existe déjà des initiatives dans des communautés d’agglomération ou des départements mais il serait heureux que cela soit plus systématique.
  • coups de coeur ou bibliographies critiques, soit sous forme d’édition de fascicules, soit sous forme de sites internet coopératifs autour de Zazieweb par exemple. Une grande surface spécialisée et des librairies sortent régulièrement des bibliographies. Les bibliothécaires qui sont aussi lecteurs, auditeurs ou spectateurs et plus nombreux n’arrivent pas à coopérer à ce niveau. Quel dommage!
  • coopération autour des ressources numériques à renforcer autour des associations de coopération pour négocier les droits.
  • plate-forme de questions/réponses du type Biblioses@me ou Guichet du savoir. J’entends ici où là des collègues qui réfléchissent à créer ce genre de service de leur coté… Serait-on atteint du syndrome du catalogage où chacun fait ses notices dans son établissement? Deux services du même type, c’est déjà beaucoup.
  • Numérisation des documents. Est-ce qu’on va numériser tous les mêmes documents?
  • Conservation partagée, au-delà des périodiques et du dépôt légal, quid de la musique enregistrée (vinyl, CD et DVD) et de l’image animée?
  • d’autres idées?

Quelqu’un suggérait que l’un des obstacles à une meilleure coopération entre bibliothèques serait l’empilement des compétences entre collectivités. Chacun souhaite assumer totalement la lecture publique avec en plus une compétition entre élus voir entre professionnels.

Aujourd’hui (comme avant certainement) la difficulté à coopérer tient plus aux blocages entre personnes (élus ou bibliothécaires) qu’aux difficultés technologiques et juridiques.

En lien avec le groupe de travail Bibliothèques Hybrides mis en place par l’ABF qui portera entre autres ma proposition de Bibliolab, je forme le voeu que l’esprit de coopération souffle davantage en France. Il est, me semble-t-il, un des éléments clés de notre pérennité dans les bouleversements en cours.

Musique 2.0 et bibliothèques: paysage et perspectives

Voici le diaporama présenté lors de la journée d’étude organisée par le groupe ABF PACA, Musique numérique en bibliothèque: innover pour résister. Vous pourrez consulter bientôt sur cette page l’ensemble des interventions de cette journée.

Mon diaporama reprend et actualise mes présentations précédentes sur le sujet.

N’hésitez pas à réagir et compléter.

Un micro-blog pour la BDP

Il n’y a pas que pour les stagiaires que les formations puissent être profitables… Ainsi à la suite d’échanges lors la formation Les Bibliothèques ont-elles besoin du web 2.0 (organisé par l’Enssib) pour lequel j’ai fait une intervention, -et même si certains stagiaires ont le blues– je me suis dit qu’il serait utile de créer un micro-blog sur Twitter pour la Médiathèque Départementale du Haut-Rhin: mediatheque68.

Il s’agit d’une part de disséminer la bibliothèque sur une plate-forme de web 2.0 afin d’y favoriser à moyen et/ou long terme des interactions avec les internautes et d’autre part de disposer d’un système de brèves très souple. L’objectif est pour l’instant d’informer de manière très succincte et régulière sur nos différentes activités: les tournées de prêt direct, les formations, les animations (y compris des annonces en amont afin d’attiser la curiosité) et autres à déterminer. Ces brèves seront bientôt intégrées dans le menu gauche de notre site…

Des expériences similaires? Des suggestions?

Revoir le fonctionnement du prêt en bibliothèque publique

En préparant une intervention sur l’évolution des bibliothèques face au numérique, je lisais une excellente enquête faite à Genève sur les non-usagers, les interrogeant sur l’image qu’ils se font de nos établissements, des bibliothécaires, sur l’accueil, sur les obstacles à la fréquentation et leurs attentes.

Cette enquête n’apporte rien absolument révolutionnaire mais elle confirme une nouvelle fois les freins que constituent les contraintes liées aux horaires d’ouverture et aux conditions de prêt.

Si des expériences sont tentés pour favoriser les prêts comme le Pass’partout à Haguenau (prêt de 4 semaines sans limitation de documents sauf 1 partition maximum), le schéma d’un quota par type de support (comptabilité parfois complexe et pas toujours justifié: pourquoi limiter le nombre de cd alors que les bacs débordent?) et pour une durée de 3 à 4 semaines reste majoritairement appliqué. Et si les usagers sont en retard et ont oublié de faire prolonger leurs prêts, les amandes sont parfois salées quand il s’agit d’une famille…

Rapprochons maintenant ce carcan de la disponibilité permanente des ressources web et de son offre supposée infinie auquel vient s’ajouter le développement de service de prêt numérique, est-ce qu’il n’est pas temps de revoir complètement notre conception du prêt?

Je pense pour ma part qu’il devient indispensable de penser autrement ce service notamment pour le fluidifier davantage. Quelques suggestions en vrac:

  • généraliser les boites de retour
  • repenser les durées de prêt par rapport à son contexte. Les rythmes et la manière de vie des français ont changé, les durées et conditions de prêt en bibliothèque très peu. Il serait bien sûr utile de revoir en même temps nos jours et heures d’ouverture. C’est un autre débat.
  • supprimer le nombre limite de livres empruntables et dès que la collection le permet pour les autres supports. Nous le pratiquons le prêt illimité tout support dans les bibliobus du Haut-Rhin et la très grande majorité des gens s’autolimitent en fonction de ce qu’ils savent pouvoir lire d’un passage à l’autre.
  • faciliter le prolongement du prêt par tous les moyens de communication (site web, téléphone mail,…) et accepter plusieurs prolongations avec comme contre-partie de demander le retour de l’un ou l’autre document s’il fait à un moment donné l’objet d’une réservation.
  • envoyer les documents au domicile par la poste

D’autres idées pour éviter que le prêt devienne une pratique ringarde?

Je sais que l’une des grandes angoisses du bibliothécaire est d’avoir des rayonnages vides… Il me semble quand même que l’objectif est d’abord de faire circuler les documents.

L’un des autres point mis en exergue par l’enquête genevoise, c’est la mauvaise image des bibliothèques auprès des ces non-usagers. J’y reviendrais.

Il n’y a pas assez de musique en bibliothèque

Je reprends doucement le fil de ce blog pour vous signaler que la revue de l’ABF, Bibliothèque(s), a bien voulu publier dans son dernier numéro (36, décembre 2007) un article écrit par mes soins sur la question de la place de la musique en bibliothèques. Il sera mis en ligne dans son intégralité début février sur le site de l’ACIM.

Contrairement au pessimisme ambiant, je défends l’idée que les bibliothèques constituent le dernier accès à une vraie diversité musicale pour peu qu’on se donne la peine de continuer à maintenir et constituer des fonds tout en développant les activités telles que l’animation, la formation, l’information sur la vie musicale locale et pourquoi pas en devenant un espace de pratiques musicales amateurs. Ces évolutions sont possibles car les bibliothécaires musicaux sont peut-être les derniers généralistes de la médiation musicale face aux grandes surfaces spécialisées, aux disquaires spécialisés et aux communautés musicales virtuelles.

Je crois bien sûr qu’il faut expérimenter des services en lien avec la dématérialisation de la musique mais il me semble prématuré de tout miser là-dessus pour des équipements nouveaux. En outre il me paraît dangereux en terme de défense de la diversité culturelle que de vouloir abandonner la musique en bibliothèque sous prétexte qu’internet l’a tué.

J’attends vos réactions et vos compléments à cet article.

Bibliolab: un espace d’expérimentation pour bibliothécaire et bibliothèque

L’arrivée de Libélabo (partie audio vidéo foutraque et expérimentale de Libération.fr) et les formations ou les présentations sur le thème du web 2.0 m’amènent à faire cette proposition un peu utopiste: créer un Bibliolab, un espace d’expérimentation pour les bibliothèques ou les bibliothécaires.

Le Bibliolab contiendrait par défaut les éléments suivant:

  • une plate-forme pour tenir son blog (type WordPress Mu)
  • un agrégateur de flux (basé sur POSH bien sûr)
  • une ferme à wiki (pas d’idée précise sur des logiciels libres permettant d’installer sur son serveur une ferme à wiki… suggestion bienvenue… B&C?)
  • un espace personnel pour installer et tester tout type de logiciel libre, notamment des SIGB libre, pour stocker les images ou les podcasts liés à un blog ou à un wiki
  • un forum pour s’entraider et échanger
  • … autres idées à suggérer?

Plutôt que d’avoir à se reporter sur des plates-formes existantes, dont certaines se financent via la publicité, cela permettrait d’avoir un espace bien identifié par les bibliothécaires qui souhaiteraient tester et/ou utiliser ses outils avant de les mettre en oeuvre.

Je laisse le soin aux spécialistes de déterminer les besoins techniques (probablement un serveur dédié…). Il reste à trouver comment l’héberger: un serveur réformé par une bibliothèque? un hébergeur public (Enssib? SUDOC? Service Informatique d’une BU ou d’une bibliothèque publique?) un hébergeur privé (qui finance la prestation? Associations professionnelles? un mécène?)  Il faut aussi trouver une poignée de bibliothécaires fous, prêt à aider les collègues, pour se lancer dans l’aventure.

Qu’en pensez-vous? Prêt à donner un coup de main? Prêt à mettre à disposition un serveur?

Qu’est-ce que les bibliothèques peuvent apporter au web (2.0)?

A la demande de l’Enssib, j’ai présenté à la promotion J-P. Vernant un diaporama sur le web 2.0 et les bibliothèques:

Souhaitant renouveler ma présentation sur cette problématique et suite à la réflexion d’une collègue lors d’une formation en interne (« Il va falloir mettre de l’ordre dans tout cela »), je me suis dis qu’il fallait peut-être inverser la question et se demander: qu’est-ce que les bibliothèques peuvent apporter au web 2.0?

Voici les pistes que j’avais en réserve sur mon diaporama:

  • Des données bibliographiques libres et ouvertes à la réutilisation à condition que nos logiciels de bibliothèques changent radicalement d’approche (en permettant notamment les liens permanents avec des notices)‏
  • Etre un label de confiance: sélectionner et valider des sources, des informations ou des documents.
  • Créer des informations validées et mises à jour sur des blogs ou participer à des wikis.
  • Faire du lien social autour des pratiques culturelles virtuelles
  • Etre un lieu de mémoire intermédiaire en préservant pour un temps des informations ou des documents engloutis par le flux du web.
  • Proposer des formations et tutoriels pour utiliser les outils du web, faire une recherche d’information, vérifier une information, apprendre une langue via internet,…
  • Enrichir l’information existante en commentant des blogs ou complétant des wikis
  • …et participer à la création d’une information validée: écrire/compléter des articles dans Wikipedia et participer à des services de Questions/Réponses en dehors de ceux créés par nous.

La question reste ouverte à vos contradictions et vos compléments.