Quelle place les bibliothèques peuvent-elles accorder aux contenus créés pas les internautes?

ugcL’une des révolutions du web participatif est l’explosion de contenus mis en ligne par les amateurs. L’éventail est très large, du film de famille au carnet de voyage illustré par des dessins en passant par de créations musicales originales ou remixées. Il est tentant pour les bibliothèques de rejeter cette production non validé par un éditeur.

Je pense que cela serait une erreur d’ignorer ces créations dont certaines rivalisent avec des documents édités. Pour la musique, des analystes parlent des pro-ams, des amateurs dont la pratique et la musique sont proches ou équivalentes à celles de musiciens professionnels. Par ailleurs, ce type de production peut représenter un vrai intérêt documentaire comblant parfois un manque dans l’édition. Les bibliothèques pourraient les valoriser en dépit d »une moindre qualité de réalisation par rapport à une édition professionnelle. On peut les rapprocher des fonds locaux de type brochure d’associations locales.

Certains artistes déjà édités et reconnus investissent internet comme espace unique de diffusion d’une partie de leurs oeuvres. Il est à parier que le mouvement risque de s’amplifier dans une optique de contact direct avec leur public et d’avoir un meilleure rémunération qui se passerait d’intermédiaire.

Pour utiliser les contenus créés par les usagers comme ressources documentaires, il conviendrait alors de les intégrer dans les politiques d’acquisition existantes et de les sélectionner aux mêmes titres que les ressources physiques ou que les ressources numériques payantes déjà acquises. La différence avec ces dernières est qu’on maitrise plus le choix de document que dans les bouquets numériques payant même si la disponibilité est moins garantie.

Je crois que les difficultés juridiques sont mineures dans la mesure où l’on retiendrait des oeuvres originales même si elles citent ou contiennent des oeuvres soumises à droits d’auteurs. Il suffit alors de s’acquitter des droits de diffusion via les sociétés d’auteurs. Je n’oublie pas tout ce qui est mis à disposition sous licence libre type creatives commons.

Je propose quelques pistes pour accueillir les ressources numériques créées par les internautes:

  • les présenter sur un blog dédié ou comme rubrique du blog de la bibliotheque
  • les intégrer dans nos portails comme source qui enrichissent les notices catalographiques
  • ou même les cataloguer comme un site internet avec une petite description.

Qu’en pensez-vous? d’autres idées pour les intégrer comme ressource documentaire?

7 pensées sur “Quelle place les bibliothèques peuvent-elles accorder aux contenus créés pas les internautes?”

  1. Je n’y avais jamais pensé mais c’est vrai qu’il pourrait être nécessaire de prendre en compte ces ressources… Après leur intégration mérite réflexion… Mais piste à creuser. 🙂

    1. @Le Gavroche Numérik: La question de leur légitimité en bibliothèque ne sera pas simple… Piste à creuser dans un lien étroit avec une politique d’acquisition et des critères précis.

    1. @Mercure: Oui, ce n’est pas gagné… pour les bibliothécaires, je vois bien un premier niveau d’expression en avis critiques directement après les notices.

  2. Quelques pistes, en reformulant le titre ainsi : « Quelle place les bibliothèques peuvent-elles accorder aux contenus créés pas ses usagers?
    Concernant les textes, j’ai souvenir d’un article du Monde (01/01/09)qui présentait une bibliothèque de l’Ain prenait en dépôt les autobiographies personnelles :
    « C’est une malle aux trésors, déposée à la médiathèque d’Ambérieu-en-Bugey, dans l’Ain. Une association spécialisée dans l’autobiographie a réuni 2 500 écrits personnels, confiés par leurs auteurs. Antoine de Saint-Exupéry est monté à bord de son premier avion à Ambérieu-en-Bugey (Ain). Roger Vailland y a vécu dans les années 1950. Cette ville banale, sans charme particulier, compte toutefois un motif plus vif de fierté littéraire. Il est mentionné au sortir de l’autoroute A42, sur un panneau routier : « Ambérieu, ville de l’autobiographie.  » Titre de l’article : Fragments intimes par Macha Séry.
    http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/12/31/fragments-intimes_1136621_3246.html

    Concernant la musique, je pense bien sûr aux démothèques et fonds musciaux locaux, comme celle d’Argentan, ou d’autres médiathèques (dont Dole) qui ont des extensions sur le net (MySpace, répertoire d’artistes, de sites), c’est aussi l’un des sens de la borne Automazic (Gradignan) de permettre aux usagers d' »uploader » leurs contenus pour les mettre en ligne.

    ressources en ligne sur le site de l’ACIM :
    Petit guide pour la mise en place d’une démothèque en Discothèque de Prêt
    http://www.acim.asso.fr/spip.php?article181
    http://www.acim.asso.fr/spip.php?article165
    http://www.acim.asso.fr/spip.php?article165
    Le fonds local discographique et musical dans les bibliothèques municipales et départementales
    http://www.acim.asso.fr/spip.php?article136

    Cela dit, je me demande franchement comment la médiathèque peut espérer offrir des services ambitieux dans ce domaine, au milieu d’autres plate-formes dédiées (flickr, youtube, myspace, skyrock blogs) faciles d’accès, très médiatisées et avec une masse critique d’utilisateurs et de contenus énormes.
    Pas de pessimisme, mais je ne crois pas trop à une plate-forme locale sauf si elle rencontre l’adhésion d’une volonté de politique culturelle marquée. La seule que je connaisse est à l’échelle d’un pays : la SUisse avec MX3.ch
    http://www.mx3.ch/

    NB

    1. @médiamus: pas de méprise. Je ne pensais pas que les bibliothèques proposeraient un équivalent de Youtube et autres. Je voulais attirer l’attention sur le fait que nombre de ces contenus en ligne sont digne d’intérêt. 100% oui au Démothèques mais ne nous limitons pas aux fonds locaux. Les bibliothèques peuvent utiliser un blog pour faire le repérage et la critique d’une ressource précise (type vidéo de la semaine) ou de ressources thématique. Il me semble que ces ressources validées par les bibliothécaires devraient aussi être indexées par nos catalogues 2.0. Il y a peut-être d’autres pistes à trouver.
      La prochaine version de notre portail de lecture publique du Haut-Rhin, Calice68, apporte sa pierre à cette réflexion.

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