Médiation numérique en bibliothèque: la carte des interprètes de Bretagne

Lionel Dujol fut l’un des premiers à mettre en lumière le potentiel de Googlemaps concernant la médiation numérique avec sa cartoguide. Bibliosurf propose dans le même esprit la carte des polars et plus ici. J’avais aussi repérer la carte Sur les pas de Van der Meersch qui prolongeait une  exposition physique à la médiathèque de Roubaix. Vous pouvez par ailleurs suivre en anglais le voyage de Marco Polo ici.

Le vent frais de l’innovation vient à nouveau de l’Ouest où la médiathèque de Quimperlé a mis en ligne depuis quelques jours la carte des interprètes de Bretagne:

Afficher Interprètes de Bretagne sur une carte plus grande

Ils ont aussi une page publique Netvibes et une compte sur Facebook.

Les possibilités de l’outil sont nombreuses: de la carte des musiques du monde à celle des compositeurs de musique contemporaine en passant par une version cartographique des démothèques… et bien d’autres choses à imaginer.

Une aide des collègues bretons permettrait de rendre cette carte encore plus riche!

D’autres idées? D’autres exemples?

Electre.com gratuit mais financé par la publicité

Electre prépare pour les semaines qui viennent une nouvelle offre pour les bibliothèques: les notices seront gratuites en échange de publicités qui seront insérées à l’intérieur. Ce qui veut dire que vous devrez accepter d’afficher des liens voir des textes commerciaux dans vos OPAC ou dans vos portails internet. Electre assure qu’il n’y aura que des publicités concernant le domaine culturel. Les offres payantes continueront d’exister pour ceux qui ne voudront pas de publicité et seront enrichis de nombreuses manières afin de satisfaire à des besoins d’OPAC 2.0.

Electre tente ainsi de conforter sa place de leader face aux offre de ses concurrents. Comment pensez-vous qu’Amazon, Zébris et Moccam en ligne vont réagir?

<Mise à jour du 2 avril> Ce billet est un authentique poisson d’avril.

Quelle place les bibliothèques peuvent-elles accorder aux contenus créés pas les internautes?

ugcL’une des révolutions du web participatif est l’explosion de contenus mis en ligne par les amateurs. L’éventail est très large, du film de famille au carnet de voyage illustré par des dessins en passant par de créations musicales originales ou remixées. Il est tentant pour les bibliothèques de rejeter cette production non validé par un éditeur.

Je pense que cela serait une erreur d’ignorer ces créations dont certaines rivalisent avec des documents édités. Pour la musique, des analystes parlent des pro-ams, des amateurs dont la pratique et la musique sont proches ou équivalentes à celles de musiciens professionnels. Par ailleurs, ce type de production peut représenter un vrai intérêt documentaire comblant parfois un manque dans l’édition. Les bibliothèques pourraient les valoriser en dépit d »une moindre qualité de réalisation par rapport à une édition professionnelle. On peut les rapprocher des fonds locaux de type brochure d’associations locales.

Certains artistes déjà édités et reconnus investissent internet comme espace unique de diffusion d’une partie de leurs oeuvres. Il est à parier que le mouvement risque de s’amplifier dans une optique de contact direct avec leur public et d’avoir un meilleure rémunération qui se passerait d’intermédiaire.

Pour utiliser les contenus créés par les usagers comme ressources documentaires, il conviendrait alors de les intégrer dans les politiques d’acquisition existantes et de les sélectionner aux mêmes titres que les ressources physiques ou que les ressources numériques payantes déjà acquises. La différence avec ces dernières est qu’on maitrise plus le choix de document que dans les bouquets numériques payant même si la disponibilité est moins garantie.

Je crois que les difficultés juridiques sont mineures dans la mesure où l’on retiendrait des oeuvres originales même si elles citent ou contiennent des oeuvres soumises à droits d’auteurs. Il suffit alors de s’acquitter des droits de diffusion via les sociétés d’auteurs. Je n’oublie pas tout ce qui est mis à disposition sous licence libre type creatives commons.

Je propose quelques pistes pour accueillir les ressources numériques créées par les internautes:

  • les présenter sur un blog dédié ou comme rubrique du blog de la bibliotheque
  • les intégrer dans nos portails comme source qui enrichissent les notices catalographiques
  • ou même les cataloguer comme un site internet avec une petite description.

Qu’en pensez-vous? d’autres idées pour les intégrer comme ressource documentaire?

Portail des bibliothèques du Haut-Rhin

J’ai le plaisir de vous présenter Calice68 (Catalogue en LIgne CEntralisé des médiathèques du Haut-Rhin), le portail des bibliothèques du Haut-Rhin. Celui-ci est le fruit d’une collaboration fructueuse entre les bibliothèques pionnières, la Direction des Systèmes d’information du Conseil Général, le prestataire AFI (Agence Française Informatique) et la Médiathèque Départementale du Haut-Rhin.

Calice68

Basé sur Moccam, Calice68 vous permet d’accéder simultanément aux catalogues des différentes bibliothèques du département. Il comporte pour l’instant 17 bibliothèques ou médiathèques de communes de Biesheim, Cernay, Fessenheim, Guebwiller, Kaysersberg, Kembs, Mulhouse, Ottmarsheim, Pfastatt, Roderen, Rouffach, Saint-Louis, Sainte-Croix-Aux-Mines, Sausheim, Soultz et Thann (comme pour la météo marine, je vous offre en même temps un petit moment de poésie pour le non-germanophone 😉 )Avant la couverture totale du département en 2009, 26 autres bibliothèques viendront nous rejoindre d’ici la fin de l’année.
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Identifier un site internet de bibliothèque?

En travaillant sur le site internet de notre portail documentaire pour le Haut-Rhin qui ouvre dans quelques jours (le buzz est lancé, j’en reparlerais bien sûr…), je me demandais comment faire pour que dès le premier contact visuel l’internaute sache qu’il est sur le site d’une bibliothèque… ce qui semble facile pour de nombreux sites marchands semble moins évident pour nous.

Des idées? Des exemples?

Partager des notices bibliographiques pour la musique

Je reviens ici sur le serpent de mer évoqué régulièrement entre bibliothécaires musicaux qui n’ont pas la chance de pouvoir utiliser Electre: comment disposer d’un réservoir de notices audiovisuelles?

Je trace ici une feuille de route d’une solution possible.

1/Solution technique

  • utiliser un sigb libre, tel que PMB
  • l’installer et le mettre à disposition sur un serveur
  • les bibliothécaires musicaux se connectent, recherchent et ajoutent dans un panier les notices dont ils ont besoin. Si la notice n’existe pas, le bibliothécaire musical la crée puis l’ajoute à son panier. En fin de session, ils téléchargent le panier au format UNIMARC ou autres selon leur propre SIGB. Il reste à ajouter les données locales.

2/la partie bibliothéconomique

C’est la partie la plus délicate: se mettre d’accord sur la notice idéale… Il serait plus sûr de rechercher la notice minimale qui fait gagner du temps à tout le monde.

Il me semble que les éléments suivants suffiraient:

  • titre de l’album
  • auteurs (jusqu’à 3, les pointilleux pourraient faire plus mais on ne demanderait que le minimum)
  • label, année d’édition phonographique
  • description matérielle simplifiée (1/x disque(s) compact(s), 1 digipack, et le matériel d’accompagnement)
  • collection
  • titre des morceaux (pas de titre uniforme en classique)
  • et en option ou pas l’indexation (indice et mots matière).

Il me semble que le reste relève de l’enrichissement local à faire sur son SIGB.

J’ajoute ici qu’on peut créer des profils d’exportation pour récupérer pour son propre SIGB les informations dans les champs qu’on veut.

3/En plus

  • importer des notices existantes et libres de droit pour ne pas partir de zéro.
  • importer des notices existantes mais avec publicité à faire. Je pense bien sûr à Amazon.

4/Coût

Pour financer la solution technique et assurer sa pérennité, il suffirait de demander un abonnement forfaitaire (sans limitation d’importation de notices) qui couvrirait l’hébergement et un peu de maintenance.

J’oublie peut-être des éléments, n’hésitez pas à compléter dans les commentaires.

On pourrait tout à fait étendre cette solution à tous les types de documents si l’on veut un jour se passer d’Electre…

Cette solution est sous creative commons (comme tous les textes de ce blog) et demande à ce qu’une personne (pas moi) ou une équipe s’en empare…

Ecoute musicale à partir d’un catalogue en ligne de bibliothèque

La Médiathèque de St Herblain propose depuis quelques mois un catalogue 2.0 avec des couvertures ou jaquettes de documents, la possibilité de commenter des notices et la suggestion d’emprunt (ceux qui ont emprunté ce document ont aussi emprunté…).

Je découvre aujourd’hui grâce à PK que les auditeurs peuvent écouter depuis chez eux des extraits musicaux. C’est intégré dans l’OPAC. Allez dans la rubrique catalogue puis cherchez votre chanteur préféré ou un groupe connu, puis écoutez (à condition d’avoir Realplayer) [bientôt une copie d’écran]

Sauf erreur de ma part, il s’agit d’une première en France (merci de contredire dans les commentaires s’il y a eu déjà des initiatives dans le domaine). Je serais curieux de connaître les tenants et aboutissants techniques et surtout légaux. Est-ce qu’il y a eu une négociation avec la SACEM ainsi qu’avec les producteurs?

Les bibliothèques face à l’évolution d’internet et des ressources en ligne

Voici le diaporama de ma présentation faite à l’occasion des jeudi du livre de Médiat Rhône-Alpes le 27 septembre 2007.

Il s’agissait des pistes de réflexions pour imaginer la place des bibliothèques face à l’évolution d’internet et des ressources en ligne: fin de la prépondérance des collections face aux flux d’informations et de publications, les bibliothécaires devront s’affranchir du traitement des collections pour s’occuper davantage des usagers, essor de la médiation physique ou virtuelle car l’abonnement à des ressources en ligne ne suffit pas, offrir du téléchargement ne sera qu’un service supplémentaire (cf. Bibliobsession),…

Cet exposé synthétise différentes présentations.

(Mise à jour: le lecteur embarqué de Slideo fait des siennes, cliquez ici pour bien voir le diaporama)(Mise à jour du 4/10/07: Slideshare digère mal les gros diaporamas donc je l’inclue en deux parties ci-dessous. Vous pouvez aussi les télécharger sur Slideshare. Je supprime la version de Slideo que vous pouvez toujours visionner ici)

N’hésitez pas à commenter ou réagir.

PS: Pour ceux qui ont assisté à la présentation la version sur slideshare est inutilisable malgré plusieurs téléchargements… C’est pourquoi j’utilise Slideo.

Catalogue public étendu grâce à Librarything (tags, suggestions et autres à venir)

En préparant une présentation sur la bibliothèque 2.0 pour la BFM et l’ABF Poitou-Charentes Limousin, je redécouvre Librarything.

En quelques mots pour ceux qui auraient raté les informations sur ce site communautaire autour des livres:

« Cataloguez ce que vous êtes en train de lire ou votre bibliothèque entière : LibraryThing est un outil simple et de qualité qui vous rapproche de ceux qui s’intéressent aux mêmes livres que vous ! »

Vous pouvez y cataloguer vos livres, mettre vos mots clés, écrire une appréciation, partager votre bibliothèque avec les membres du site et découvrir des livres en navigant sur les mots clés ou grâce au système de suggestion. Les notices sont importées d’Amazon ou de la Bibliothèque du Congrès (avec Dewey et Rameau svp).

Librarything annonce 18 millions d’ouvrages en rayon toutes langues confondues.

 

Mais la nouveauté que je découvre c’est que des bibliothèques publiques peuvent utiliser ses fonctionnalités au sein de leur propre catalogue public. C’est sur les pages For Libraries.

La mise en oeuvre ne paraît pas trop complexe: se créer une bibliothèque dans Librarything à partir de la liste de ses ISBN puis récupérer un code à intégrer dans les pages de son OPAC

 

Les fonctionnalités disponibles sont donc les tags et les suggestions en provenance des informations créées sur Librarything…

Voici des copies d’écran du catalogue de la Waterford Institute of Technology :.

librarythingexemple.JPG

Vous avez à la suite de la notice maison, les éditions ou les traductions du même titre, puis les livres proches (similar books) et le nuage de tags.

Vous cliquez sur un tag et le nuage de tags s’affiche et présente les livres du catalogue de cette bibliothèque avec le même mot clé.

librarythingtagintegrer.JPG

 

 

Connaissez-vous une bibliothèque francophone qui utiliserait Librarything? Sinon qui se lance? (PK, Daniel B., Bibliobsession,…) En ce qui me concerne, les pages de notre OPAC sont bien verrouillées…

(note : page préparée et mise en page pendant la formation pour montrer le web 2.0 en action)

Pour un Système Universel de Gestion de Bibliothèques

L’annonce de Worldcat Local transmis ici par Nicolas Morin ravive des réflexions à propos des perspectives à long terme de nos Système Informatique de Gestion de Bibliothque (SIGB). L’an dernier j’avais vu l’exemple du portail des bibliothèques danoises: Sogning. Ce portail permet la recherche et la mise à disposition de documents même s’ils ne sont pas dans sa bibliothèque d’inscription. Extrait de leur page About bibliotek.dk:

« In bibliotek.dk you will find records of all items published in Denmark as well as all items found in the Danish public & research libraries.Thus, bibliotek.dk is not a library but rather a database of the items found in the stock of the Danish public libraries.
Furthermore, you can place requests for items at your local library (even if the library does not have the item you want) – you decide which library to contact. You pick up the item from the selected library. « 

Eu égard aux évolutions des catalogues et des accès internet, nous pouvons très bien envisager une solution dite client-serveur au niveau national: un SIGB (libre) pour toutes les bibliothèques (universitaires et publiques) qui s’y connectent en tant que client. Le SIGB national récupère les notices (BnF, Electre, Amazon, autres…). Les bibliothèques cochent la case commande pour les acquisitions, puis ajoutent les informations locales (inventaires, cotes). Fin du doublonnage des activités (catalogage, indexation, rattachement SUDOC,…)

Ce Système Universel de Gestion de Bibliothèques pourrait aussi prendre en charge les fichiers lecteurs et la circulation (prêt/retour) des documents. Quant aux statistiques, plus besoin des lourdes enquêtes Sous-direction des bibliothèques et DLL, tout est réuni au même endroit. En cas de problème de connexion internet, il faut prévoir un prêt local qui puisse se télécharger ensuite sur le serveur national.

Le prêt entre-bibliothèque en serait aussi simplifié via cette plate forme unique. Il serait du coup possible d’envisager de faire circuler des documents au niveau local (département, région, autres limites ou pas de limites…) afin de mieux répondre aux demandes ponctuels des usagers.

La recherche de documents sur les bibliothèques françaises se ferait via une interface unique voire via un plug-in Firefox.

Cette solution n’exclue pas la possibilité de faire des portails locaux avec des interfaces personnalisées grâce à des modèles de page spécifiques.

Si je prône une solution libre, c’est afin que nos collègues informaticiens volontaires puissent à développer des fonctions complémentaires au lieu de passer des heures et des jours à contacter la maintenance des logiciels ou de relancer sans arrêt pour demander la mise en oeuvre de nouvelles fonctionnalités. L’idée serait de faire soi-même ou de faire développer des fonctions type web 2.0 autour du catalogue et surtout de pouvoir le mélanger/remixer (mash-up) avec d’autres scripts ou logiciels libres ainsi que faciliter l’appropriation de nos données par les internautes. Pour les collègues qui ne se sentent pas l’âme programmeuse, ils pourraient se consacrer à la formation, à l’animation et à l’accompagement de cette médiation numérique…

Les problèmes techniques et financiers d’une telle utopie sont mineurs à coté des bouleversements que cela supposent dans la culture professionnelle (abandon du catalogage, quelle sera la forme de la notice idéal?, ne plus être propriétaire de ses données, absence de maîtrise du SIGB,…) sans compter le bouleversement sur la marché des logiciels de bibliothèques.

Il me semble en tout cas que cette perspective offre beaucoup de liberté pour développer ensuite un ensemble de services numériques (créer des articles sur des genres littéraires, des sujets académiques, des questions de sociétés ou repérer, sélectionner et mettre en valeur des informations sur le web) qui eux aussi pourraient être mutualisés et donc plus ambitieux en terme de contenus et d’étendue de l’offre.

Est-ce trop utopique?