Culture et personnes agées

Je réponds un peu tardivement à l’appel de Bibliobsession sur les initiatives dont nous sommes fiers.

Le Conseil Général du Haut-Rhin a inscrit en 2003 dans son dernier plan de Lecture Publique la volonté de mener des actions en direction des publics empêchés: petite enfance, PMI, prisons, hôpitaux et personnes âgées. Le nouveau président du Conseil Général élu en 2004 a modifié l’organigramme en réunissant avec une volonté de transversalité sous une même grande direction générale les services sociaux et culturelles. Le CG devait aussi préparer et voter un nouveau schéma gérontologique. Ce dernier est un outil d’évaluation et de programmation concernant les personnes âgées, il permet d’établir un diagnostic des besoins et d’organiser les réponses au sein d’un département; c’est aussi un outil de prospective afin d’anticiper les évolutions et les réponses les plus adaptées.

L’ensemble des éléments du contexte que je viens de décrire a permis à la Médiathèque Départementale d’animer un groupe de travail « Culture et personnes âgées » dont la mission était d’établir un bilan des actions existantes, de recueillir les besoins et demandes des acteurs de terrain afin de faire des préconisations pour le schéma gérontologique du Haut-Rhin. Ce groupe rassemblait volontairement le plus d’acteurs différents: des aides à domicile, des infirmières, des médecins, des assistantes sociales, des animateurs et des directeurs de maison de retraite, les associations d’aide à domicile, les club du troisième âges et des bibliothécaires. L’ensemble des préconisations ont ensuite été soumises à l’assemblée des élus.

Voici l’ensemble des préconisations par ordre de priorité:

1/ Fédération des acteurs sanitaires, sociaux et culturelles
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Les missions d’une bibliothèque en quelques mots

Je prépare les textes pour une plaquette destinée à expliquer les bibliothèques (missions, contenus, normes, étapes du projet, subventions,…) aux élus des communes de notre département. J’ai bien sûr trouver les grands principes de l’Unesco, de l’IFLA et autre Charte des bibliothèques du défûnt CSB (Conseil Supérieur des Bibliothèques) mais rien de synthétique et satisfaisant à mon goût sauf… sur le site de la BM de Grenoble.

Je m’en suis inspiré pour proposer en quelques mots les missions d’une bibliothèque:

  • Constituer et mettre à disposition de tous les publics des collections de différents types de documents à des fins d’information, d’éducation, de culture et de loisir
  • Offrir un accès à l’information sous toutes ses formes et favoriser son appropriation
  • Etre un espace public de rencontre, de confrontation d’idées et de débat citoyen entre les générations et les communautés
  • Participer à la formation initiale et continue à tous les âges.
  • Contribuer à la promotion et à la diffusion de la création culturelle locale et nationale

J’attends vos avis (contenu, ordre,…) en sachant qu’il s’agit d’une plaquette de communication synthétique et adressée à des non-bibliothécaires.

Génération et écoute de musique enregistrée

Jean-Michel Salün présente sur son blog les éléments principaux d’une Enquête du DEPS (Département des Etudes, de la Propective et des statistiques) du Ministère de la Culture intitulé: Approche générationnelle des pratiques culturelles et médiatiques. Pour la musique, il ressort que l’écoute de musique enregistrée ne cesse de croître de génération en génération. En outre pour une même génération, cette pratique est relativement stable dans le temps, à savoir qu’en vieillissant cette écoute baisse très peu alors que d’autres pratiques peuvent se réduire comme la lecture de livre.

Ainsi entre 1973 et 2003, les personnes déclarant écouter de la musique enregistrée est passé de 9% à 33%. Voici le tableau le plus parlant:

Ecoute de musique enregistrée par générations
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Quelle place pour la musique en bibliothèque?

Je reprends ici un courriel diffusé sur discothecaires_fr à propos de la lancinante question que se pose en ce moment les bibliothécaires musicaux.

Etre de simple pourvoyeur d’une offre de documents est une impasse.Cela revient à se positionner dans un univers de consommation sur lequel, T. Saglio, a raison de dire que nous ne ferons jamais le poids. En outre la démocratisation basée sur l’offre est aussi insuffisante car l’appétence à la culture se développe du fait de contacts répétés et à des pratiques culturelles régulières.

C’est pourquoi je défends depuis quelques temps l’idée que les bibliothèques y compris musicales doivent développer ou renforcer les activités de pratiques culturelles autour des collections (matérielles ou virtuelles). J’en parlais dans mon diaporama présenté lors des rencontres nationales 2007 et c’est l’un des points de vue que je développe dans mon mémoire d’étude du diplôme de conservateur.

Pour les bibliothèques musicales, il s’agirait d’accompagner les pratiques musicales et la culture musicale autour des contenus:

  • Les animations bien sûr sans chercher à faire des inscrits et des prêts.
  • la formation. Il me semble que c’est une grossière erreur que de négliger cela en France. Selon le contexte, des actions de formation musicale, seul ou en partenariat avec les écoles de musique. Liste non-exhaustive: découverte de la musique, solfège, apprentissage et pratiques d’instruments,…

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Web 2.0, le contexte général (Tours, 28 juin 2007)

Voici le diaporama présenté lors des journées d’études TIC de l’ADBDP (Tours, 28-29 Juin 2007). Il s’agissait de présenter le contexte général du web 2.0 alors que d’autres collègues approfondissaient différents éléments comme les flux RSS, les wikis ou la médiation numérique en bibliothèque par le Bibliobsédé

Vous trouverez l’ensemble des diaporamas sur cette page du site de l’ADBDP.

Pour un Système Universel de Gestion de Bibliothèques

L’annonce de Worldcat Local transmis ici par Nicolas Morin ravive des réflexions à propos des perspectives à long terme de nos Système Informatique de Gestion de Bibliothque (SIGB). L’an dernier j’avais vu l’exemple du portail des bibliothèques danoises: Sogning. Ce portail permet la recherche et la mise à disposition de documents même s’ils ne sont pas dans sa bibliothèque d’inscription. Extrait de leur page About bibliotek.dk:

« In bibliotek.dk you will find records of all items published in Denmark as well as all items found in the Danish public & research libraries.Thus, bibliotek.dk is not a library but rather a database of the items found in the stock of the Danish public libraries.
Furthermore, you can place requests for items at your local library (even if the library does not have the item you want) – you decide which library to contact. You pick up the item from the selected library. « 

Eu égard aux évolutions des catalogues et des accès internet, nous pouvons très bien envisager une solution dite client-serveur au niveau national: un SIGB (libre) pour toutes les bibliothèques (universitaires et publiques) qui s’y connectent en tant que client. Le SIGB national récupère les notices (BnF, Electre, Amazon, autres…). Les bibliothèques cochent la case commande pour les acquisitions, puis ajoutent les informations locales (inventaires, cotes). Fin du doublonnage des activités (catalogage, indexation, rattachement SUDOC,…)

Ce Système Universel de Gestion de Bibliothèques pourrait aussi prendre en charge les fichiers lecteurs et la circulation (prêt/retour) des documents. Quant aux statistiques, plus besoin des lourdes enquêtes Sous-direction des bibliothèques et DLL, tout est réuni au même endroit. En cas de problème de connexion internet, il faut prévoir un prêt local qui puisse se télécharger ensuite sur le serveur national.

Le prêt entre-bibliothèque en serait aussi simplifié via cette plate forme unique. Il serait du coup possible d’envisager de faire circuler des documents au niveau local (département, région, autres limites ou pas de limites…) afin de mieux répondre aux demandes ponctuels des usagers.

La recherche de documents sur les bibliothèques françaises se ferait via une interface unique voire via un plug-in Firefox.

Cette solution n’exclue pas la possibilité de faire des portails locaux avec des interfaces personnalisées grâce à des modèles de page spécifiques.

Si je prône une solution libre, c’est afin que nos collègues informaticiens volontaires puissent à développer des fonctions complémentaires au lieu de passer des heures et des jours à contacter la maintenance des logiciels ou de relancer sans arrêt pour demander la mise en oeuvre de nouvelles fonctionnalités. L’idée serait de faire soi-même ou de faire développer des fonctions type web 2.0 autour du catalogue et surtout de pouvoir le mélanger/remixer (mash-up) avec d’autres scripts ou logiciels libres ainsi que faciliter l’appropriation de nos données par les internautes. Pour les collègues qui ne se sentent pas l’âme programmeuse, ils pourraient se consacrer à la formation, à l’animation et à l’accompagement de cette médiation numérique…

Les problèmes techniques et financiers d’une telle utopie sont mineurs à coté des bouleversements que cela supposent dans la culture professionnelle (abandon du catalogage, quelle sera la forme de la notice idéal?, ne plus être propriétaire de ses données, absence de maîtrise du SIGB,…) sans compter le bouleversement sur la marché des logiciels de bibliothèques.

Il me semble en tout cas que cette perspective offre beaucoup de liberté pour développer ensuite un ensemble de services numériques (créer des articles sur des genres littéraires, des sujets académiques, des questions de sociétés ou repérer, sélectionner et mettre en valeur des informations sur le web) qui eux aussi pourraient être mutualisés et donc plus ambitieux en terme de contenus et d’étendue de l’offre.

Est-ce trop utopique?

Bibliothèques: et si on ouvrait plus!

Les bibliothèques sont en couverture du dernier numéro de la Lettre du Cadre territorial (N°340, 15 juin). Muriel Desvois, Coralie Miachon, Maïté Vanmarque (cheville ouvrière de l’article grâce mise en contact puis un lien infatiguable avec la rédaction du journal) et moi-même (élèves conservateurs territoriaux des bibliothèques, promotion Flora Tristan 2006-2007) avons rédigé un article sur la douloureuse question des horaires d’ouverture. Vous y trouverez aussi une interview de Jean-François Jacques sur le sujet.

Après avoir fait le constat que les bibliothèques sont encore trop frileuses en la matière, nous défendons l’idée que c’est possible d’ouvrir plus à condition de remettre en cause certaines idées toutes faites, nos habitudes ainsi qu’en repensant vraiment l’organisation de nos établissements autour des publics et non plus autour des documents.

Cela nous semble d’autant plus urgent pour s’inscrire dans l’évolution des pratiques du public: essor d’un usage sur place (cf. enquête du Crédoc). L’enjeu est bien de favoriser la place de la bibliothèque comme lieu de brassage social.

Lisez l’article puis n’hésitez pas à débattre avec nous: approuver, commenter ou contester!

Présentation « Les voies diverses de la musique numérique »

Voici le diaporama que j’ai présenté à la journée d’étude du 31 mai 2007, La Médiathèque dématérialisée. 1, La musique organisée par Cible 95 et la BDP du Val d’Oise:

Pour ceux qui étaient présents, j’ai modifier les titres de ma dernière partie de médiation musicale virtuelle à socialisation musicale virtuelle qui correspond mieux au contenu. Je l’avais formulé différement pour ne pas empiéter sur l’intervention suivante de B. Sok mais il n’a pas vraiment abordé ce point de vue.

Je vous invite à consulter aussi l’excellente intervention de Gilles Rettel sur son blog qui apporte un point de vue décalé et décoiffant sur la question.

L’ensemble des interventions fera probablement l’objet d’une publication ou d’une mise en ligne. Il y aura aussi un compte-rendu dans un BBF.

Mise à jour (16-06-2007): les diaporamas sont en ligne sur le site de cible95

http://cible95.net/journee.htm#dematerialise 

Commentaires de livres à intégrer sur le site internet de la Bibliothèque

Parmi les fonctionnalités de l’OPAC 2.0, le commentaire de notices bibliographiques se développe aux Etats-Unis et commence à apparaître en France (Dôle, Saint-Herblain, Projet AFI-OPAC 2.0, PMB, …)

Permettre un développement de cet usage dépendra probablement sur la manière de la valoriser. La Bibliothèque Hennepin (Minnesota, USA) qui n’est pas en reste dans le domaine de l’innovation sur les services proposés sur son site internet à mis en place le concept de Mybookspace. Cet espace de livres personnel comporte les éléments suivants:
– ma liste de livres

– mes alertes pour des auteurs

– et surtout mes commentaires sur des notices qui se retrouvent d’abord dans la page Find a good book dans la readers’ list:

hennepinbooks.jpg

mais les collègues américains sont allés plus loin en rassamblant sous forme d’un blog l’ensemble des commentaires:

blogbookhenn.jpg

L’idée me paraît astucieuse pour donner une grande visibilité aux commentaires.

Je lance un petit brainstorming virtuel: d’autres exemples ou d’autres idées dans ce domaine?