{"id":674,"date":"2007-02-22T13:01:57","date_gmt":"2007-02-22T13:01:57","guid":{"rendered":"http:\/\/tikopia.wordpress.com\/2007\/02\/22\/micro-fictions\/"},"modified":"2007-02-22T13:01:57","modified_gmt":"2007-02-22T13:01:57","slug":"micro-fictions","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.xaviergalaup.net\/tikopia\/2007\/02\/micro-fictions\/","title":{"rendered":"micro-fictions"},"content":{"rendered":"<p>1\/ La gare<br \/>\nJ&rsquo;attends devant le panneau d&rsquo;affichage. Le brouhaha du retard r\u00e9sonne autour de moi. La foule est tendue d&rsquo;impatience. Le ballet des hommes-valises s&rsquo;est suspendu plein de menaces. Une petite fille rieuse serpente avec sa poup\u00e9e, chatouillant les pantalons, les robes, les bagages et les murs. Elle sarabande une petite danse avec sa poup\u00e9e en chiffon. L&rsquo;annonce micro cr\u00e9e un raz de mar\u00e9e engloutissant l&rsquo;enfant dans les escaliers. J&rsquo;attends maintenant pour lui rendre sa poup\u00e9e.<\/p>\n<p>2\/ Le train-1<br \/>\nSes yeux ouverts ne regardent pas le paysage. Son visage est d\u00e9coup\u00e9 de rides horizontales. Ses r\u00eaves ne sont que des soucis. La jeune femme noire ne voulait pas partir. Elle a pris tr\u00e8s peu de bagages. Cela ne va pas dur\u00e9 longtemps. Elle repartira tr\u00e8s vite. Forcement. Juste accomplir son devoir. Juste quelques euros pour la belle vie. D\u00e9cid\u00e9ment elle est ailleurs. Son coeur et son \u00e2me ne sont pas partis. C&rsquo;est tout juste si son corps tra\u00eene dans ce train. Bien rester refermer sur soi. Ne pas prendre le risque de ne pas pouvoir revenir. Son chez soi est malheureux mais c&rsquo;est son chez soi.<\/p>\n<p>3\/ le train-2<br \/>\nTravailleur fatigu\u00e9 aux odeurs de chantier, il expie sa condition dans un sommeil sans repos. Il est affal\u00e9 sans retenu sur les deux places de son c\u00f4t\u00e9. Quand le train s&rsquo;arr\u00eate en gare, il sursaute d&rsquo;angoisse et demande si c&rsquo;est Strasbourg. On le rassure. Il marmonne un merci dans un accent difficile \u00e0 d\u00e9terminer. Son sac est grand et gonfl\u00e9 de protub\u00e9rances. D\u00e9marrage sans avoir bouger d&rsquo;un iota. Son corps ballote d&rsquo;\u00e9puisement. La nuit tombe et le train continue. Il sursaute et demande Strasbourg. Toutes les d\u00e9n\u00e9gations le rassurent. Il tremble encore quand le sommeil le rattrape \u00e0 nouveau. Le froid nocturne gagne le wagon. Il est le seul \u00e0 ne pas se couvrir. Le train ralentit. Il sursaute. Strasbourg? Je lui fais signe que non. Prochaine? Non! Encore deux arr\u00eats. Il respire. En montant les escaliers avec ma lourde valise, je regarde dispara\u00eetre le train. J&rsquo;ai peur pour lui.<\/p>\n<p>4\/l&rsquo;arr\u00eat de bus<br \/>\n\u00c9nervement et pi\u00e9tinement. Le bus n&rsquo;est pas en retard mais il me tarde. La musique ouate mon cerveau de basses r\u00e9p\u00e9titives. J&rsquo;oublie l&rsquo;ennui sur les bancs de l&rsquo;amphi. Mais il y a ces voitures, toutes ces phares qui passent et repassent devant. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que tout le monde m&rsquo;observe. Je pi\u00e9tine. Aucunes connaissances dans le flot automobile. Impossible de pleurer ma douleur, mon humiliation, ma haine. Les boucles \u00e9lectro de mon baladeur abritent ma rage. Je reste hypnotis\u00e9 par le mouvement incessant des voitures qui entre en r\u00e9sonance avec la musique. Une porti\u00e8re s&rsquo;ouvre devant moi et sans r\u00e9fl\u00e9chir, je monte.<\/p>\n<p>5\/le film<br \/>\nMal assis devant ce maelstr\u00f6m d&rsquo;images, je suis fascin\u00e9. Laura Dern et son expression suspendue dans un malaise. Ce plateau de cin\u00e9ma devient un lien incertain entre le tournage et une autre r\u00e9alit\u00e9. Est-ce la r\u00e9alit\u00e9 ou un fantasme en trompe-l&rsquo;oeil? Laura Dern est un spectre fac\u00e9tieux qui se cherche et se d\u00e9multiplie d&rsquo;identit\u00e9s en identit\u00e9s. Son visage n&rsquo;est qu&rsquo;une ampoule instable qui dispara\u00eet parfois dans le noir de la pellicule. Je me noie dans une mise en ab\u00eeme impossible, r\u00eave de cin\u00e9ma qui r\u00eave d&rsquo;un cin\u00e9ma qui regarde lui-m\u00eame dispara\u00eetre ses fantasmes dans un t\u00e9l\u00e9viseur qui montre Laura Dern essayant de sortir de son film ou du fantasme de film. Toutes ces images anim\u00e9es et sonores sont un kal\u00e9idoscope d&rsquo;\u00e9nigmes dont seul notre inconscient peut faire son miel, \u00e0 notre insu. Nous ne sommes qu&rsquo;un r\u00eave de cin\u00e9aste.<\/p>\n<p><em> d&rsquo;apr\u00e8s la contrainte <a href=\"http:\/\/www.marelle.cafewiki.org\/index.php?Ecrit%20169\" title=\"micro-fictions\" target=\"_blank\">169<\/a> (ci-apr\u00e8s) de l&rsquo;atelier propos\u00e9 sur la <a href=\"http:\/\/www.marelle.cafewiki.org\/index.php\" title=\"Zone d'Activit\u00e9 Po\u00e9tique\" target=\"_blank\">Zone d&rsquo;Activit\u00e9 Po\u00e9tique<\/a> de <a href=\"http:\/\/blog.liminaire.fr\/\" title=\"Bloc-notes de Pierre Menard\" target=\"_blank\">Pierre M\u00e9nard<\/a>.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ecrire une suite de courtes nouvelles, gouffres et bonheurs simples sous forme de micro-fictions, o\u00f9 s\u2019encha\u00eenent \u00e9v\u00e9nements absurdes, souvenirs infimes, portraits savoureux, r\u00e9cits insouciants s&rsquo;inscrivant dans les interstices d&rsquo;un quotidien que l&rsquo;on observe avec gravit\u00e9 et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1\/ La gare J&rsquo;attends devant le panneau d&rsquo;affichage. Le brouhaha du retard r\u00e9sonne autour de moi. La foule est tendue d&rsquo;impatience. Le ballet des hommes-valises s&rsquo;est suspendu plein de menaces. Une petite fille rieuse serpente avec sa poup\u00e9e, chatouillant les pantalons, les robes, les bagages et les murs. 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