Le catalogue de bibliothèque: un flux d’informations et des fonctions sociales

A l’occasion des rencontres nationales des bibliothécaires musicaux 2007 à Lille, je ferais une présentation prospective sur les bibliothèques musicales de demain (en imaginant que les problèmes de droits et que les problèmes techniques seront par exemple résolus). Dans ce cadre, j’essaie d’imaginer à quoi pourrait ressembler le catalogue en ligne de demain. Cela prolonge les premières réflexions en cours ici et ou , je pousse à l’extrême la dimension sociale et participative du web 2.0. Il s’agirait de combiner différents éléments dont le WordPress Opac (WPopac) de Casey Bisson et les dispositifs mis en place par Michel Fingerhut sur L’Oeil de la Médiathèque, l’outil de veille collaborative de la Médiathèque de l’Ircam. Le WPopac est une adaptation de le logiciel libre WordPress afin que ce dernier interroge et affiche les notices catalographiques comme les billets de Blog. WPopac est expérimenté ici par la Lamson Library.

Ceci à plusieurs avantages:

  • chaque notice dispose d’une adresse permanente sur le web et peut ainsi être indexé par les moteurs de recherche
  • les notices peuvent être commentées par tous les visiteurs.
  • l’internaute peut faire un retrolien (trackback) sur la notice d’un livre qu’il a chroniqué sur son propre blog. Le catalogue est ainsi ouvert à une réutilisation des données par d’autres internautes.
  • les autorités (auteurs, sujets, indices) deviennent des tags et facilitent une navigation hypertexte ainsi qu’une indexation par les moteurs de recherche.
  • Différentes fonctionnailités sociales sont présentes grâce à WordPress: les documents les plus populaires, les derniers commentaires, les dernières recherches effectuées ou ajouter une référence à son compte del.icio.us (signets partagées)

C. Bison a ajouté la récupération des sommaires, des résumés et des couvertures en provenance d’Amazon. En complément, nous pouvons aussi implémenter facilement l’ajout de tag par les internautes.

Cette fusion au sein d’un blog permet aussi d’intégrer le catalogue au sein d’un flux d’information plus global. En effet en le combinant avec une dimension de veille et de production de contenu par les bibliothécaires, nous pourrions proposer un site très puissant dans la sélection et la diffusion de l’information. Ainsi l’Oeil de la Médiathèque rassemble à la fois des informations récupérées automatiquement via des flux RSS et des billets produits par des utilisateurs inscrits. Les nouvelles recueillies sont par ailleurs classées par catégories et sous-catégories. De cette manière, le visiteur peut consulter seulement la rubrique qui l’intéresse voire s’abonner au flux rss de cette rubrique.

Imaginons maintenant qu’en plus des billets brefs contenant des informations factuelles, les bibliothécaires rédigent des billets longs sur des thèmes, des auteurs, des genres musicaux, des débats de société,… en reliant non seulement à des notices internes du WPopac mais aussi à des ressources documentaires externes.

J’ajoute à cela une pincée de Digg, c’est à dire la possibilité de voter pour ses articles préférés et donc une mise en valeur évolutive des contenus en fonction des votes.

En associant toutes ces fonctionnalités, les bibliothèques basculeraient vers des sites web deviennant partie prennante du flux de contenus numériques qui ferait participer les informations aggrégées ou produites par la bibliothèque (notices, articles, ressources numériques texte, audio et vidéo,…) à la conversation sociale du web 2.0 (commentaires, tags, votes, interopérabilité des données,…)

C’est peut-être un trop gros remix produisant plus de dissonnances que de mélodies mais il est sûr que l’évolution des bibliothèques vers la gestion de flux de ressources numériques doit les amener à repenser complétement la manière de concevoir et proposer celles-ci. Pour faciliter l’appropriation de ce remix, une bonne ergonomie du site pourrait être suffisante. En tout état de cause, il revient à chaque bibliothèque en fonction de son contexte, des ses missions, de ses moyens humains et financiers de proposer un site situé entre l’existant, statique et peu réactif, et le remix décrit ci-dessus.

Nous assisterons probablement à la disparition du catalogue et de son OPAC en tant que tel avec sa structure rigide concue par des bibliothécaires. J’en veux pour preuve l’interface entre PMB (SIGB Libre) et SPIP (CMS Libre) ou ce dernier peut récupérer les données catalographiques pour les afficher à sa guise. Le catalogue devrait évoluer vers des données structurées (XML?) et être prêt pour le web sémantique (qui est une des perspectives de l’après web 2.0)

4 pensées sur “Le catalogue de bibliothèque: un flux d’informations et des fonctions sociales”

  1. Ping : PabloG

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