Calice68, une version enrichie et participative du catalogue des bibliothèques du Haut-Rhin

bandeaucalice68-2Depuis quelques semaines, la nouvelle version du portail des bibliothèques du Haut-Rhin est en en ligne grâce à l’excellent travail d’AFI et à la collaboration des prestataires des SIGB de notre réseau en particulier Décalog, C3rb et Opsys. Nous avons accueillis plus d’une vingtaine de bibliothèques supplémentaires, ce qui porte à 40 le nombre de structures participants à Calice68 (détail ici).

La grande évolution de cette nouvelle mouture est l’entrée du portail dans le web participatif ou encore web 2.0. Les bibliothécaires et sous réserve d’une inscription préalable les internautes peuvent désormais ajouter des avis sur un livre, un disque ou un film à côté de commentaires importés d’une source externe. L’ensemble des avis es rassemblé sous forme d’un blog permettant ainsi une discussion à plusieurs sur une œuvre. De même vous pouvez proposer des tags ou mots-clés en plus de ceux existants sur le site. Il s’agit d’enrichir les possibilités de découvrir des livres, disques et vidéos à travers ces tags.

Des descriptions de livres, disques et vidéos enrichies grâce à des sources extérieures

Les descriptions de livres, disques et vidéos comportent désormais, quand elles existent, les informations complémentaires importées de sources externes suivantes :

  • Avis et résumés sur les documents
  • Biographie des auteurs importés depuis Wikipédia
  • Ecoute d’extraits des albums musicaux
  • Visionnage de bandes annonces de films, de clips musicaux et d’interviews des écrivains ou des artistes
  • Photos des écrivains, des musiciens et des réalisateurs


Une navigation à choix multiples

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Quelle place les bibliothèques peuvent-elles accorder aux contenus créés pas les internautes?

ugcL’une des révolutions du web participatif est l’explosion de contenus mis en ligne par les amateurs. L’éventail est très large, du film de famille au carnet de voyage illustré par des dessins en passant par de créations musicales originales ou remixées. Il est tentant pour les bibliothèques de rejeter cette production non validé par un éditeur.

Je pense que cela serait une erreur d’ignorer ces créations dont certaines rivalisent avec des documents édités. Pour la musique, des analystes parlent des pro-ams, des amateurs dont la pratique et la musique sont proches ou équivalentes à celles de musiciens professionnels. Par ailleurs, ce type de production peut représenter un vrai intérêt documentaire comblant parfois un manque dans l’édition. Les bibliothèques pourraient les valoriser en dépit d »une moindre qualité de réalisation par rapport à une édition professionnelle. On peut les rapprocher des fonds locaux de type brochure d’associations locales.

Certains artistes déjà édités et reconnus investissent internet comme espace unique de diffusion d’une partie de leurs oeuvres. Il est à parier que le mouvement risque de s’amplifier dans une optique de contact direct avec leur public et d’avoir un meilleure rémunération qui se passerait d’intermédiaire.

Pour utiliser les contenus créés par les usagers comme ressources documentaires, il conviendrait alors de les intégrer dans les politiques d’acquisition existantes et de les sélectionner aux mêmes titres que les ressources physiques ou que les ressources numériques payantes déjà acquises. La différence avec ces dernières est qu’on maitrise plus le choix de document que dans les bouquets numériques payant même si la disponibilité est moins garantie.

Je crois que les difficultés juridiques sont mineures dans la mesure où l’on retiendrait des oeuvres originales même si elles citent ou contiennent des oeuvres soumises à droits d’auteurs. Il suffit alors de s’acquitter des droits de diffusion via les sociétés d’auteurs. Je n’oublie pas tout ce qui est mis à disposition sous licence libre type creatives commons.

Je propose quelques pistes pour accueillir les ressources numériques créées par les internautes:

  • les présenter sur un blog dédié ou comme rubrique du blog de la bibliotheque
  • les intégrer dans nos portails comme source qui enrichissent les notices catalographiques
  • ou même les cataloguer comme un site internet avec une petite description.

Qu’en pensez-vous? d’autres idées pour les intégrer comme ressource documentaire?

Partager des notices bibliographiques pour la musique

Je reviens ici sur le serpent de mer évoqué régulièrement entre bibliothécaires musicaux qui n’ont pas la chance de pouvoir utiliser Electre: comment disposer d’un réservoir de notices audiovisuelles?

Je trace ici une feuille de route d’une solution possible.

1/Solution technique

  • utiliser un sigb libre, tel que PMB
  • l’installer et le mettre à disposition sur un serveur
  • les bibliothécaires musicaux se connectent, recherchent et ajoutent dans un panier les notices dont ils ont besoin. Si la notice n’existe pas, le bibliothécaire musical la crée puis l’ajoute à son panier. En fin de session, ils téléchargent le panier au format UNIMARC ou autres selon leur propre SIGB. Il reste à ajouter les données locales.

2/la partie bibliothéconomique

C’est la partie la plus délicate: se mettre d’accord sur la notice idéale… Il serait plus sûr de rechercher la notice minimale qui fait gagner du temps à tout le monde.

Il me semble que les éléments suivants suffiraient:

  • titre de l’album
  • auteurs (jusqu’à 3, les pointilleux pourraient faire plus mais on ne demanderait que le minimum)
  • label, année d’édition phonographique
  • description matérielle simplifiée (1/x disque(s) compact(s), 1 digipack, et le matériel d’accompagnement)
  • collection
  • titre des morceaux (pas de titre uniforme en classique)
  • et en option ou pas l’indexation (indice et mots matière).

Il me semble que le reste relève de l’enrichissement local à faire sur son SIGB.

J’ajoute ici qu’on peut créer des profils d’exportation pour récupérer pour son propre SIGB les informations dans les champs qu’on veut.

3/En plus

  • importer des notices existantes et libres de droit pour ne pas partir de zéro.
  • importer des notices existantes mais avec publicité à faire. Je pense bien sûr à Amazon.

4/Coût

Pour financer la solution technique et assurer sa pérennité, il suffirait de demander un abonnement forfaitaire (sans limitation d’importation de notices) qui couvrirait l’hébergement et un peu de maintenance.

J’oublie peut-être des éléments, n’hésitez pas à compléter dans les commentaires.

On pourrait tout à fait étendre cette solution à tous les types de documents si l’on veut un jour se passer d’Electre…

Cette solution est sous creative commons (comme tous les textes de ce blog) et demande à ce qu’une personne (pas moi) ou une équipe s’en empare…

Pour un Système Universel de Gestion de Bibliothèques

L’annonce de Worldcat Local transmis ici par Nicolas Morin ravive des réflexions à propos des perspectives à long terme de nos Système Informatique de Gestion de Bibliothque (SIGB). L’an dernier j’avais vu l’exemple du portail des bibliothèques danoises: Sogning. Ce portail permet la recherche et la mise à disposition de documents même s’ils ne sont pas dans sa bibliothèque d’inscription. Extrait de leur page About bibliotek.dk:

« In bibliotek.dk you will find records of all items published in Denmark as well as all items found in the Danish public & research libraries.Thus, bibliotek.dk is not a library but rather a database of the items found in the stock of the Danish public libraries.
Furthermore, you can place requests for items at your local library (even if the library does not have the item you want) – you decide which library to contact. You pick up the item from the selected library. « 

Eu égard aux évolutions des catalogues et des accès internet, nous pouvons très bien envisager une solution dite client-serveur au niveau national: un SIGB (libre) pour toutes les bibliothèques (universitaires et publiques) qui s’y connectent en tant que client. Le SIGB national récupère les notices (BnF, Electre, Amazon, autres…). Les bibliothèques cochent la case commande pour les acquisitions, puis ajoutent les informations locales (inventaires, cotes). Fin du doublonnage des activités (catalogage, indexation, rattachement SUDOC,…)

Ce Système Universel de Gestion de Bibliothèques pourrait aussi prendre en charge les fichiers lecteurs et la circulation (prêt/retour) des documents. Quant aux statistiques, plus besoin des lourdes enquêtes Sous-direction des bibliothèques et DLL, tout est réuni au même endroit. En cas de problème de connexion internet, il faut prévoir un prêt local qui puisse se télécharger ensuite sur le serveur national.

Le prêt entre-bibliothèque en serait aussi simplifié via cette plate forme unique. Il serait du coup possible d’envisager de faire circuler des documents au niveau local (département, région, autres limites ou pas de limites…) afin de mieux répondre aux demandes ponctuels des usagers.

La recherche de documents sur les bibliothèques françaises se ferait via une interface unique voire via un plug-in Firefox.

Cette solution n’exclue pas la possibilité de faire des portails locaux avec des interfaces personnalisées grâce à des modèles de page spécifiques.

Si je prône une solution libre, c’est afin que nos collègues informaticiens volontaires puissent à développer des fonctions complémentaires au lieu de passer des heures et des jours à contacter la maintenance des logiciels ou de relancer sans arrêt pour demander la mise en oeuvre de nouvelles fonctionnalités. L’idée serait de faire soi-même ou de faire développer des fonctions type web 2.0 autour du catalogue et surtout de pouvoir le mélanger/remixer (mash-up) avec d’autres scripts ou logiciels libres ainsi que faciliter l’appropriation de nos données par les internautes. Pour les collègues qui ne se sentent pas l’âme programmeuse, ils pourraient se consacrer à la formation, à l’animation et à l’accompagement de cette médiation numérique…

Les problèmes techniques et financiers d’une telle utopie sont mineurs à coté des bouleversements que cela supposent dans la culture professionnelle (abandon du catalogage, quelle sera la forme de la notice idéal?, ne plus être propriétaire de ses données, absence de maîtrise du SIGB,…) sans compter le bouleversement sur la marché des logiciels de bibliothèques.

Il me semble en tout cas que cette perspective offre beaucoup de liberté pour développer ensuite un ensemble de services numériques (créer des articles sur des genres littéraires, des sujets académiques, des questions de sociétés ou repérer, sélectionner et mettre en valeur des informations sur le web) qui eux aussi pourraient être mutualisés et donc plus ambitieux en terme de contenus et d’étendue de l’offre.

Est-ce trop utopique?

Dématérialisation des supports et nouveaux usages en bibliothèques

Voici le diaporama de mon intervention sur la dématérialisation des supports et nouveaux usages en bibliothèques. Il a été présenté lors d’une journée d’étude des bibliothèques de Seine et Marne sur le thème « les bibliothèques à l’ère du numérique« .


En complément de ce que j’ai dit pour ceux qui étaient présents. Il y a aussi la perspective d’augmenter ses collections via des wiki ( voir le wiki de Brest, encyclopédie participative sur Brest et environs). Pour aller plus loin dans le concept de site / catalogue 2.0 que j’évoque ici, vous pouvez consulter la page de Bibliopedia sur la Bibliothèque 2.0 ainsi que la page sur les Opac 2.0 et autres liens sur les Biblioblogs.

Le catalogue de bibliothèque: un flux d’informations et des fonctions sociales

A l’occasion des rencontres nationales des bibliothécaires musicaux 2007 à Lille, je ferais une présentation prospective sur les bibliothèques musicales de demain (en imaginant que les problèmes de droits et que les problèmes techniques seront par exemple résolus). Dans ce cadre, j’essaie d’imaginer à quoi pourrait ressembler le catalogue en ligne de demain. Cela prolonge les premières réflexions en cours ici et ou , je pousse à l’extrême la dimension sociale et participative du web 2.0. Il s’agirait de combiner différents éléments dont le WordPress Opac (WPopac) de Casey Bisson et les dispositifs mis en place par Michel Fingerhut sur L’Oeil de la Médiathèque, l’outil de veille collaborative de la Médiathèque de l’Ircam. Le WPopac est une adaptation de le logiciel libre WordPress afin que ce dernier interroge et affiche les notices catalographiques comme les billets de Blog. WPopac est expérimenté ici par la Lamson Library.

Ceci à plusieurs avantages:

  • chaque notice dispose d’une adresse permanente sur le web et peut ainsi être indexé par les moteurs de recherche
  • les notices peuvent être commentées par tous les visiteurs.
  • l’internaute peut faire un retrolien (trackback) sur la notice d’un livre qu’il a chroniqué sur son propre blog. Le catalogue est ainsi ouvert à une réutilisation des données par d’autres internautes.
  • les autorités (auteurs, sujets, indices) deviennent des tags et facilitent une navigation hypertexte ainsi qu’une indexation par les moteurs de recherche.
  • Différentes fonctionnailités sociales sont présentes grâce à WordPress: les documents les plus populaires, les derniers commentaires, les dernières recherches effectuées ou ajouter une référence à son compte del.icio.us (signets partagées)

C. Bison a ajouté la récupération des sommaires, des résumés et des couvertures en provenance d’Amazon. En complément, nous pouvons aussi implémenter facilement l’ajout de tag par les internautes.

Cette fusion au sein d’un blog permet aussi d’intégrer le catalogue au sein d’un flux d’information plus global. Continuer la lecture de « Le catalogue de bibliothèque: un flux d’informations et des fonctions sociales »