Les bibliothèques comme éditeur et diffuseur numérique voire plus

Photo de STML http://www.flickr.com/photos/stml/4097641005/

La lecture de cette idée de Thierry Crouzet réactive ma propre réflexion sur la place des bibliothèques dans la chaîne éditoriale et ce quelque soit le support.

J’ai acquis aujourd’hui la certitude que c’est l’une des pistes de développement pour les bibliothèques: être davantage partie prenante de la création quelque soit le support. Cela rejoint le mouvement qui emmène les bibliothèques du simple stock de documents au centre culturel autour des oeuvres. Si nous voulons devenir ce troisième lieu vivant et participatif, ce sera bien sûr avec les usagers-lecteurs mais aussi avec les usagers-auteurs (l’un n’exclue par l’autre bien sûr).

Nous avons déjà l’habitude de sélectionner des produits finis pour les acheter, les traiter et les conseiller. Ce n’est pas si loin du travail d’éditeur Continuer la lecture de « Les bibliothèques comme éditeur et diffuseur numérique voire plus »

Gomorra – Roberto Saviano (Masse Critique, Babelio)

masse_critiqueDans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio, j’ai reçu Gomorra de Roberto Saviano. Voici mes impressions de lecture:

Ce n’est pas un roman policier et pourtant Gomorra en a la puissance narrative et la noirceur effrayante. Dès la première page, le lecteur prend sa première claque avec la chute de corps depuis un conteneur. Cet accident vite effacé semble banal dans ce port de Naples où transite aussi des nombreuses marchandises illicites. C’est le début d’une longue série de constats précis et documentés sur le fonctionnement de la mafia italienne et de son poids économique. Une telle accumulation produit vertige et écoeurement auprès du lecteur. De la mode à l’immobilier en passant par le traitement des déchets, rien n’échappe à la voracité financière cette mafia. Il n’est pas étonnant que son auteur se soit attiré les foudres de la Camorra avec une tel document à charge…

GomorraLa seule lueur d’espoir vient de Don Peppino Diana, un prêtre, qui s’oppose par le verbe et l’écrit non seulement à leurs trafics mais aussi à la philosophie de cette camorra qui banalise et encourage les délits, les assassinats et la loi du silence. Il ne se contente pas d’homélies ou de condamnations lors des enterrements, Don Peppino publie aussi une tribune dans un journal. Malgré le respect que la mafia peut avoir pour la religion, elle fera assassiner ce prêtre devenu trop dangereux… J’ai été très sensible à cette belle ode à la résistance par les mots qui mériterait d’être reprise dans beaucoup d’autres domaines.

(Gomorra: dans l’empire de la Camorra / Roberto Saviano, Folio)

Lettre d’e-veille août à novembre

Au cas où vous ayez raté l’information, le ministère de la culture vient de publier les résultats de sa nouvelle enquête sur les pratiques culturelles… à l’ère numérique. C’est en ligne ici.

Réactions de B. Calenge sur la notion de lecture

(dernière minute) un article important de Tim O’Reilly sur la menace qui plane actuellement sur l’inter-opérabilité du web, la guerre du Web

Bibliothèques

L’usager au coeur des bibliothèques 2.0, mémoire de C. Oggioni signalé par Lionel Dujol

Le périmètre de la bibliothèque / B. Calenge (contextualisation et idées reçues à ce sujet)
http://bccn.wordpress.com/2009/10/03/arithmetique-elementaire-le-perimetre-de-la-bibliotheque/

http://bccn.wordpress.com/2009/10/07/perimetre-de-la-bibliotheque-2-a-construire-ou-a-faire-reconnaitre/

Le patrimoine au défi du numérique / B. Calenge  (en lien avec l’affaire Google Books, avec quelques liens)
http://bccn.wordpress.com/2009/09/06/le-patrimoine-au-defi-du-numerique-un-dilemme-biaise-pour-les-bibliotheques/

Le Schéma de la médiation en lien avec les politiques documentaires sur Bibliobsession

Pourquoi et comment utiliser Facebook pour une bibliothèque? / Bibliobsession
http://www.bibliobsession.net/2009/09/22/pourquoi-et-comment-utiliser-facebook-pour-une-bibliotheque/

La bibliothèque, la com. et la cam. / Encore un biblioblog… Etre web 2.0 c’est bien mais attention aux écueils à éviter…

Prohibition 2.0: qu’est-ce qu’un contenu préjudiciable / InternetActu
sur le retour en force de la censure
http://www.internetactu.net/2009/09/08/prohibition-20-quest-ce-quun-contenu-prejudiciable/

Pourquoi la propriété intellectuelle doit changer / Lionel Maurel

A propos de la fin de Biblio-fr et de Zazieweb / Frédérique Roussel sur Ecrans.fr (signalé par Nathalie Porte)

Livres numériques

Quels supports pour le livre numérique de demain / Lorenzo Soccavo (petite synthèse sur l’évolution du livre et quelques réflexions sur l’avenir) Continuer la lecture de « Lettre d’e-veille août à novembre »

Trois chambres à Manhattan – Simenon (Masse critique, Babelio)

Dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio, j’ai reçu Trois chambres à Manhattan de G. Simenon. Voici mes impressions de lectures.

Chronique d’une rencontre impossible

Nous sommes loin des enquêtes policières du commissaire Maigret. G. Simenon met en scène dans ce roman la rencontre de deux êtres à la dérive, blessés mais avides d’amour, Kay et Franck. Elle est à la rue pour cause d’abandon par ses amis ou amies. Lui est un acteur célèbre en perdition et qui tente d’oublier que son ex-femme l’a quitté pour un jeune homme. Ils s’accrochent désespérément l’un à l’autre tout en se méfiant tout en se repoussant tout en détestant leur lâcheté réciproque. Voici une histoire d’amour désespérante de doutes et de sentiments contradictoires où le lecteur se demande à chaque instant si cela ne va pas mal tourner. Trois chambres a Manhattan est un huis-clos psychologique étouffant où nous ne pouvons qu’admirer à nouveau la finesse d’analyse psychologique de G. Simenon.

(Trois chambres à Manhattan / Georges Simenon. Livre de poche. isbn 978-2-253-14277-8)

Masse critique: Ubiquité de Claire Wolniewicz

Dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio, j’ai reçu Ubiquité de Claire Wolniewicz. Voici mes impressions de lecture:

Ubiquié de Claire WolniewiczAdam Vollandier mène la vie banale d’un comptable de province fuyant tous les excès et toutes les distractions. Son existence bascule quand des inconnus le prennent pour quelqu’un d’autre. En plus ils le confondent à chaque fois avec une autre personne, tantôt avec un oenologue, tantôt un cavalier ou même un champion de tennis… Le phénomène s’installe et l’engrenage qui va avec. En effet il commence par contredire fermement puis gentiment… puis il acquiesce gêné jusqu’à s’embarquer dans la peau d’un homme qui se révèlera un escroc ayant volé une toile de maître! Par dégoût de son ancienne vie et par amour pour une femme, Adan Vollandier devenu George Fondel devra aller jusqu’au bout de la substitution.

Le roman de C. Wolniewicz est une joyeuse mécanique très enlevée et pleine d’humour glissant légèrement vers le polar à la fin. L’auteur maîtrise l’art de la description des personnages, des situtations et de la peinture. Une belle lecture

Salut à Aimé Césaire, l’homme debout sur la parole

Je voudrais m’associer très simplement aux hommages rendus au grand homme martiniquais. Je l’avais d’ailleurs cité lors de mon mini-printemps des poètes, il y a quelques semaine. Je suis né en Guadeloupe et sa littérature fait partie de ma culture de base. Plus tard à l’université, j’ai travaillé sur un mémoire inachevé sur son oeuvre: théâtralité de la poésie et poésie du théâtre chez Aimé Césaire. En suivant les obsèques, je me suis rendu compte à quel point ses textes restaient ancrés en moi…

Si vous voulez découvrir cet auteur et homme politique: ne vous lancez pas dans le fulgurant et luxuriant Cahier d’un retour au pays natal, commencer par les poèmes finement ciselés de Moi, laminaire… son dernier recueil… et si vous avez le goût du théâtre alors prenez à bras le corps La Tragédie du Roi Christophe avant d‘hurler Et les chiens se taisaient dans votre salle de bain. Si en cours de route les mots vous manquent, ne croyez pas qu‘ils soient inventés, certains oui mais très peu, la plupart sont des mots inusités ou importés de lexiques peu courant en poésie.

Bravo et merci aux martiniquais pour cette digne et joyeuse cérémonie qui donnait à entendre à la fois son parcours et ses textes

[HS] Les quatres livres…

Sophie C. vient de me marabouter à travers une chaine. J’y réponds volontiers.

Les 4 livres de mon enfance / adolescence

  1. Fantomette (ce n’est pas pour copier Sophie mais j’ai dû lire toute la série)
  2. Langelot (le James Bond français dans la bibliothèque verte avec des histoires solides et captivantes)
  3. Luc Orient (une BD de science-fiction avec de somptueux décors, les dessins ont mal vieillis)
  4. Et bien sûr les Rubriques à brac de Gotlib qui me font toujours beaucoup rire.

Les quatres écrivains que je lirai et relirai:

  1. Guy de Maupassant (surtout Fort comme la mort, je suis admiratif de son style et de son sens de la narration)
  2. Jeanne Benameur (ces textes me touchent beaucoup)
  3. Paul Eluard (je lis beaucoup de poésie et Eluard reste mon poète favori)
  4. Claude Simon ( découvert à la fac et j’adore suivre sa caméra dans des descriptions labyrinthiques)

Les 4 auteurs que je ne lirai plus jamais

Il m’est difficile de répondre à la question car j’applique depuis longtemps l’un des conseils de Daniel Pennac. Si au bout de quelques pages, de 20 à 50, je n’accroche pas, j’arrête ma lecture. Du coup, je ne me souviens pas des lectures détestées sauf scolaires ou universitaires: Victor Hugo, Ronsard et Dostoïevski (les Frères Karamazov restent un cauchemard). Dans les plus récents, je n’ai pas accroché à Erri De Luc et je ne suis jamais arrivé à lire un Pepe Carvalho de Manuel Vázquez Montalbán alors que j’avais beaucoup aimé l’adaptation télévisuelle.

Les quatres premiers livres de ma liste à lire

  1. L’immeuble de Mathilde de Hassan Daoud (nous accueillons l’auteur dans le Haut-Rhin à l’occasion des Belles Etrangères sur le Liban et le compte-rendu d’une collègue m’a fortement intrigué)
  2. Champs de Castille d’Antonio Machado (poète espagnol déjà lu. Sa poésie est un âpre mélange de désespoir et d’envie de vivre)
  3. O Révolutions de Mark Z. Danielewski (roman de la rentrée littéraire. Je suis curieux de voir comment fonctionne ce choix formel avec l’histoire)
  4. La disparition de Richard Taylor de Arnaud Cathrine (un auteur que j’apprécie et que je suis)

Les quatres livres que j’emporterais sur une île déserte

  1. Triptyque de Claude Simon
  2. Capitale de la douleur de Paul Eluard
  3. Abzalon de Pierre Bordage
  4. Les Demeurées de Jeanne Benameur

Les dernières lignes d’un de mes livres préférés:

« Les mots sont là.

Elle apprend.

Elle ne peut plus s’arrêter.

Elle apprend les mots, tous les mots. Et elle apprendra. Dans les petits livres de broderie que lui donne Madame, sur les boîtes de farine, de café, sur les morceaux de journal qui servent aux épluchures, sur les pancartes, elle apprend. Elle n’arrêtera plus.

Le monde s’est ouvert.

Chaque soir, elle brode les mots nouveaux, se les répète silencieusement.

Chaque matin, elle vient les réciter ici.

Elle ne s’arrêtera plus.

Les parôles de Luce s’élèvent.

Elles ne demeureront plus.

Sur la terre, jour après jour, elles portent son souffle. »

dans Les demeurées de Jeanne Benameur (Edition Denoel)

Je ne fais pas suivre la chaîne. A chacun de voir s’il veut s’emparer de ce jeu.