Une journée de parmi d’autres…

La période estivale est propice au billet plus léger. J’en profite pour répondre au double tag de Daniel et de Sophiebib.

Pour Sophiebib, voici donc une photo de mon bureau:

Pour Daniel, voici quelques éléments d’une journée parmi d’autres fin juin globalement représentative de la variété des questions que je peux avoir à traiter (ordre non-chronologique, certains points sont traités en plusieurs fois au cours de la journée)

– Lecture des mails, twitter et veille RSS. Rédaction du mini-billet pour le twitter de la Médiathèque Départementale

– Je regarde en détail et note des modifications concernant la maquette de notre prochain magazine: cure d’amaigrissement car il y a trop de pages par rapport au cahier des charges prévu. Du coup je procède à une refonte de la mise en page. Je note les suggestions d’illustration et je renvoie au graphiste en interne

– Dans la foulée j’adresse des éléments à notre agence de communication pour la création de l’affiche et du flyer de notre prochaine animation en octobre. Je vérifie que nous sommes dans les délais prévus pour la distribution des documents.

– Je termine de mettre au point le contenu de notre partenariat avec L’Atelier du Rhin, scène nationale à Colmar. Si tout se passe comme prévu, nous avons entre autres une action web 2.0 ensemble. Dès que c’est lancé, je fais un billet à ce sujet.

– Réunion bilan de l’animation le 68 fait des bulles avec l’équipe BD: fréquentation, organisation, couverture de presse, écho auprès des partenaires et du public, points à améliorer et discussion sur le thème de la prochaine édition.

– Signature de documents divers dont convention de prêt d’expos et lettre d’envoi d’une convention pour le prêt de livres à une maison de retraite.

Pour terminer en élargissant, je dirais qu’il manque dans la biblio-blogosphère des collègues qui parlent du quotidien du métier de bibliothécaire (quelque soit le grade ou le statut) même si on trouve des informations théoriques ici , ici ou ici.

Qui se lance? Qui complète par une des ses propres journées?

Salut à Aimé Césaire, l’homme debout sur la parole

Je voudrais m’associer très simplement aux hommages rendus au grand homme martiniquais. Je l’avais d’ailleurs cité lors de mon mini-printemps des poètes, il y a quelques semaine. Je suis né en Guadeloupe et sa littérature fait partie de ma culture de base. Plus tard à l’université, j’ai travaillé sur un mémoire inachevé sur son oeuvre: théâtralité de la poésie et poésie du théâtre chez Aimé Césaire. En suivant les obsèques, je me suis rendu compte à quel point ses textes restaient ancrés en moi…

Si vous voulez découvrir cet auteur et homme politique: ne vous lancez pas dans le fulgurant et luxuriant Cahier d’un retour au pays natal, commencer par les poèmes finement ciselés de Moi, laminaire… son dernier recueil… et si vous avez le goût du théâtre alors prenez à bras le corps La Tragédie du Roi Christophe avant d‘hurler Et les chiens se taisaient dans votre salle de bain. Si en cours de route les mots vous manquent, ne croyez pas qu‘ils soient inventés, certains oui mais très peu, la plupart sont des mots inusités ou importés de lexiques peu courant en poésie.

Bravo et merci aux martiniquais pour cette digne et joyeuse cérémonie qui donnait à entendre à la fois son parcours et ses textes

Printemps des poètes, Lionel Ray

Je profite du Printemps des poètes pour vous faire découvrir l’un ou l’autre auteur que j’apprécie particulièrement. Je commence avec Lionel Ray dont la majorité des ouvrages sont édités chez Gallimard.

Seconde après seconde le soleil
entre dans la chambre, il est venu
dans la proche montagne, a traversé
l’écroulement silencieux des nuages

Puis l’haleine de la clarté toucha
les toits et les vitres, et de mouvantes
géométries sont apparues sur la table
et le papier, cheminant entre les doigts,

Entre les mots, dans les zones indécises
du silence, et tu te demandais
si cela qui vibre sur la page était

Du temps, un temps très ancien,
visiteur furtif qui approche à pas feutrés
puis disparaît sans écho.

dernier poème du recueil Syllabes du sable (Gallimard, 1996)

Musique et BD… libres

Les liens entre musique et BD semblent nombreux, voir la collection BD Jazz ainsi que les magasins ou les espaces de bibliothèques réunissant les deux.

Je découvre grâce à Framasoft, une heureuse initiative mélangeant musique et BD libres:

« Depuis novembre 2007, à l’initiative de Webcomics.fr, des dessinateurs se réunissent régulièrement sur Internet pour créer en direct en écoutant de la musique libre  »

« En août 2007, Webcomics.fr inventait le paintchat filmé. Ce mode de création implique plusieurs dessinateurs, réunis autour d’un tableau blanc virtuel, pour improviser ensemble des dessins suivant différentes contraintes (thème, format, rôles à jouer…). La création est filmée en continu, de sorte qu’on dispose au final d’une sorte de fusion entre bande dessinée et dessin animé. Les clips vidéos tirés de ces séances ont été habillés avec de la musique libre et diffusés sous licence libre. »

Partant pour un paintchat dans votre bibliothèque?

[HS] Les quatres livres…

Sophie C. vient de me marabouter à travers une chaine. J’y réponds volontiers.

Les 4 livres de mon enfance / adolescence

  1. Fantomette (ce n’est pas pour copier Sophie mais j’ai dû lire toute la série)
  2. Langelot (le James Bond français dans la bibliothèque verte avec des histoires solides et captivantes)
  3. Luc Orient (une BD de science-fiction avec de somptueux décors, les dessins ont mal vieillis)
  4. Et bien sûr les Rubriques à brac de Gotlib qui me font toujours beaucoup rire.

Les quatres écrivains que je lirai et relirai:

  1. Guy de Maupassant (surtout Fort comme la mort, je suis admiratif de son style et de son sens de la narration)
  2. Jeanne Benameur (ces textes me touchent beaucoup)
  3. Paul Eluard (je lis beaucoup de poésie et Eluard reste mon poète favori)
  4. Claude Simon ( découvert à la fac et j’adore suivre sa caméra dans des descriptions labyrinthiques)

Les 4 auteurs que je ne lirai plus jamais

Il m’est difficile de répondre à la question car j’applique depuis longtemps l’un des conseils de Daniel Pennac. Si au bout de quelques pages, de 20 à 50, je n’accroche pas, j’arrête ma lecture. Du coup, je ne me souviens pas des lectures détestées sauf scolaires ou universitaires: Victor Hugo, Ronsard et Dostoïevski (les Frères Karamazov restent un cauchemard). Dans les plus récents, je n’ai pas accroché à Erri De Luc et je ne suis jamais arrivé à lire un Pepe Carvalho de Manuel Vázquez Montalbán alors que j’avais beaucoup aimé l’adaptation télévisuelle.

Les quatres premiers livres de ma liste à lire

  1. L’immeuble de Mathilde de Hassan Daoud (nous accueillons l’auteur dans le Haut-Rhin à l’occasion des Belles Etrangères sur le Liban et le compte-rendu d’une collègue m’a fortement intrigué)
  2. Champs de Castille d’Antonio Machado (poète espagnol déjà lu. Sa poésie est un âpre mélange de désespoir et d’envie de vivre)
  3. O Révolutions de Mark Z. Danielewski (roman de la rentrée littéraire. Je suis curieux de voir comment fonctionne ce choix formel avec l’histoire)
  4. La disparition de Richard Taylor de Arnaud Cathrine (un auteur que j’apprécie et que je suis)

Les quatres livres que j’emporterais sur une île déserte

  1. Triptyque de Claude Simon
  2. Capitale de la douleur de Paul Eluard
  3. Abzalon de Pierre Bordage
  4. Les Demeurées de Jeanne Benameur

Les dernières lignes d’un de mes livres préférés:

« Les mots sont là.

Elle apprend.

Elle ne peut plus s’arrêter.

Elle apprend les mots, tous les mots. Et elle apprendra. Dans les petits livres de broderie que lui donne Madame, sur les boîtes de farine, de café, sur les morceaux de journal qui servent aux épluchures, sur les pancartes, elle apprend. Elle n’arrêtera plus.

Le monde s’est ouvert.

Chaque soir, elle brode les mots nouveaux, se les répète silencieusement.

Chaque matin, elle vient les réciter ici.

Elle ne s’arrêtera plus.

Les parôles de Luce s’élèvent.

Elles ne demeureront plus.

Sur la terre, jour après jour, elles portent son souffle. »

dans Les demeurées de Jeanne Benameur (Edition Denoel)

Je ne fais pas suivre la chaîne. A chacun de voir s’il veut s’emparer de ce jeu.