Médiation numérique en bibliothèque: la carte des interprètes de Bretagne

Lionel Dujol fut l’un des premiers à mettre en lumière le potentiel de Googlemaps concernant la médiation numérique avec sa cartoguide. Bibliosurf propose dans le même esprit la carte des polars et plus ici. J’avais aussi repérer la carte Sur les pas de Van der Meersch qui prolongeait une  exposition physique à la médiathèque de Roubaix. Vous pouvez par ailleurs suivre en anglais le voyage de Marco Polo ici.

Le vent frais de l’innovation vient à nouveau de l’Ouest où la médiathèque de Quimperlé a mis en ligne depuis quelques jours la carte des interprètes de Bretagne:

Afficher Interprètes de Bretagne sur une carte plus grande

Ils ont aussi une page publique Netvibes et une compte sur Facebook.

Les possibilités de l’outil sont nombreuses: de la carte des musiques du monde à celle des compositeurs de musique contemporaine en passant par une version cartographique des démothèques… et bien d’autres choses à imaginer.

Une aide des collègues bretons permettrait de rendre cette carte encore plus riche!

D’autres idées? D’autres exemples?

Lettre d’e-veille mai – juin – juillet 2009

C’est le troisième numéro d’une veille diffusée par mail aux bibliothèques du Haut-Rhin et à quelques collègues tous les deux mois environ. Pour ceux qui n’ont pas leur système de veille via Netvibes ou autres et qui ne sont pas abonné au bouillon de Bibliobsession, j’ai pensé qu’elle avait aussi sa place en ligne. Il s’agit d’un choix subjectif à postériori. Je conserve les articles lus via un tag spécial sur mon agrégateur et le moment venu je revisite les textes mis en attente.

Bon surf et n’hésitez pas à réagir.

Lettre d’e-veille mai – juin – juillet 2009

En peu en décalage avec l’objet de cette lettre de veille dédiée à des articles parus sur internet, je commence par vous recommander un magazine papier : Books. Il reprend le principe de Courrier International en traduisant des articles de revues ou de sites internet étrangers mais en étant centré sur le livre et avec un point de vue documentaire. Le dossier de cet été est consacré au web : « Internet rend-il encore plus bête ? ». Contrairement au titre le dossier est loin d’être manichéen et présente une excellente synthèse sur les enjeux ainsi que les débats en cours donnant une place à tous les points de vue. (en kiosque au format journal, plus d’information sur leur site ; certains articles sont accessibles gratuitement en ligne, merci à N.P. de m’avoir signalé ce dossier)

Blog du congrès ABF

Depuis 2 ans, le groupe Bibliothèques Hybrides de l’ABF met en ligne pendant le congrès les comptes-rendus des ateliers et des conférences
Blog sommaire des comptes-rendus 2009

Contexte numérique

Nova Spivack : Bienvenue dans le Flux

Entretien avec Bernard Stiegler (sur l’importance de l’apprentissage du web et des technologies numériques)

Livres et numérique

Is it a bird… Description de la toile que tisse peu à peu Google sur l’univers du livre et des bibliothèques / Olivier Ertzscheid

Le futur se livre: Gutenberg à l’heure du Web : entretien avec L. Socavo sur Bibliofusion

Après la presse, c’est l’édition qui meurt / Thierry Crouzet Continuer la lecture de « Lettre d’e-veille mai – juin – juillet 2009 »

Téléchargement ou streaming, quelle offre en ligne pour les bibliothèques

Face à la réduction annoncée de la production de compacts disques musicaux, les bibliothèques ou médiathèques doivent se préparer à proposer une offre musicale en ligne.

Il est temps de cesser de considérer internet comme une concurrence aux bibliothèques. Beaucoup de collègues étrangers, pas seulement les anglo-saxons, ont investis le web comme l’une des composantes des services aux usagers. Proposer des ressources en ligne fait partie intégrante des missions d’une bibliothèque sinon c’est accepter ici plus qu’ailleurs que seul peut régner une offre commerciale ou le magma, certes riches, d’une offre illégale. Les six hypothèses évoquées ici par Dominique Lahary posent de manière lumineuses les enjeux mais je suis plus optimiste que son billet sur la place des bibliothèques . Les évolutions à venir seront probablement un remixage des scénarios qu’il évoque: orienter les usagers dans l’explosion documentaire du web, participer à la société de la connaissance en créant des articles synthétiques sur des sujets ainsi que proposer des ressources en ligne en les documentant et en leur donnant du sens au-delà du simple signalement. Continuer la lecture de « Téléchargement ou streaming, quelle offre en ligne pour les bibliothèques »

Musique et bibliothèque: définitivement incompatibles?

En France la place de la musique en bibliothèques n’a jamais été de soi. Je renvois au lobby inlassable de l’association Discothèques de France. Malgré sa dissolution en 1997 signifiant la fin de son combat, les sections discothèques étaient loin d’être suffisamment répandues et les espaces musiques existants faisaient figure de « réserves d’indiens ».

Aujourd’hui l’essor de la musique sur internet censée être hyperdisponible remet en jeu cette question. Pour résumer un discours ambiant: « on trouve tout sur internet, les gens n’ont plus besoin des bibliothèques pour trouver et écouter de la musique, la baisse des prêts de disques en est bien la preuve ». Ces points de vue sont assénés comme une évidence par des collègues qui n’éprouvent même pas le besoin d’argumenter et de vérifier leur validité. Ces idées circulent de manière informelle dans des conversations ou même au hasard d’articles dans des revues professionnelles sérieuses où l’on dit cela en passant.

En rappelant ici brièvement mes arguments développer dans d’autres articles contre ces raccourcis intellectuels, je souhaite l’ouverture d’un débat clair et franc sur la place de la musique en bibliothèque:

  • Les études sociologiques montrent bien que les pratiques culturelles sont cumulatives. Abandonner la musique me semble à terme préjudiciable quant à la variété des publics présents en bibliothèques et quant à la variété des services offerts aux usagers.
  • « On trouve toute la musique sur internet » est assez naïf pour ne pas s’y attarder trop. Il suffit de regarder l’offre légale de musique classique disponible en téléchargement pour comprendre que cette affirmation est fausse. La largeur, c’est à dire la capacité à offrir un panorama important dans un genre, et la profondeur, c’est à dire la capacité à refléter la carrière d’un artiste ou d’un genre d’un point de vue historique, sont encore très insuffisantes par rapport à ce que peuvent offrir de grandes médiathèques. Des progrès sont faits mais nous sommes encore loin du compte. Il n’est pas dit que les grandes maisons de disques trouvent un intérêt économique à représenter la diversité musicale. Rien ne dit non plus qu’elles le fassent de manière pérenne.
  • Continuer la lecture de « Musique et bibliothèque: définitivement incompatibles? »

Pouvoir apprivoiser le futur pour les bibliothèques musicales

Je relaie ici l’appel lancé par l’ACIM à la Ministre de la Culture. Après avoir rappeler nos missions et le contexte numérique La lettre ouverte rédigé par Arsène Ott interpelle l’Etat et les élus au nom des bibliothécaires musicaux sur les difficultés notamment juridiques pour les médiathèques à jouer leur rôle de médiation et d’éducation à la musique.

« Pour mener à bien notre travail de médiation et d’accompagnement du public nous sommes souvent amenés à démêler un écheveau de règles juridiques paralysantes. Plutôt que d’être portés par la vague numérique nous avons ainsi le sentiment d’être pris en étau entre notre action menée dans le respect des droits d’auteurs et notre mission qui est de faciliter l’accès à la musique sous toutes ses formes. » (Arsène Ott)

Au-delà du courrier adressé à Mme Albanel, il revient à chacun d’entre-nous d’écrire à son député (liste) et son sénateur (liste)

Outre la mise en oeuvre effective de la DADVSI qui reste suspendue à des décrets d’application, un projet de loi visant à transcrire les recommandations de la mission Ollivenes doit bientôt passer à l’assemblée nationale. C’est donc le moment de défendre nos missions de service public autour de la musique.

Les bibliothèques musicales producteurs?

Voici une nouvelle contribution pour les rencontres nationales 2008 des bibliothécaires musicaux: les bibliothèques musicales ne devraient-elles pas s’inscrire dans le mouvement de site comme MyMajorCompagny , Spidart et autre Beproducer, en produisant ou contribuant à produire des albums?

Au-delà de la médiation des musiques via des sélections d’albums existants ou grâce aux coups de coeur, les bibliothécaires musicaux se positionneraient encore plus comme des auditeurs avisés en choisissant des artistes à produire. C’est aussi manière de se faire connaître en participant à ces réseaux sociaux de production hors labels établis. Nous pourrions participer à la promotion de ces artistes qui, en échange de la contribution financière, nous fourniraient plusieurs exemplaires de leur album et viendraient faire des concerts dans nos médiathèques…

Cela nous permet d’accéder plus facilement à cette forme de production d’albums pas toujours dans le commerce. Il reste à trouver la case comptable dans laquelle les collectivités pourraient payer cette production. Dans des Conseils Généraux, il y a en ce moment un intérêt pour les musiques actuelles, ce pourrait être le moyen de trouver des financements grâce à des partenariats en interne.

Prêt(e)s à se lancer dans la production?

Numériser et mettre à disposition en ligne les collections musicales des bibliothèques

Ne pouvant être présent aux rencontres nationales 2008 des bibliothécaires musicaux à Toulouse, je fais une ou deux contributions complémentaires aux réflexions déjà copieuses du programme.

Cela fait quelques temps que j’ai découvert un logiciel libre, Ampache, qui permet de déposer sa collection de fichiers musicaux sur un serveur web afin de pouvoir l’écouter de n’importe où dès que l’on a un accès web. Dans le cadre de la législation actuelle, ce logiciel est réservé à un usage privatif via un accès sécurisé. Mais il me semble tout à fait adapté à la mise en place d’une numérisation collaborative et la mise à disposition en ligne des collections de disques.

J’imagine le processus en 2 phases. La première phase consisterait à numériser de manière collaborative, c’est à dire en se partageant les fonds à numériser (pochette comprise), soit via une déclaration (je numérise tout Johnny Halliday ou tout Occora Radio France), soit via une répartition plus formelle à définir lors d’une réunion de concertation. A cette étape, on peut numériser à l’aide d’un format assurant, en l’état actuel de nos connaissances la pérennité du fichier.

La seconde phase consisterait à mettre en ligne sur un serveur partagé ces collections sous un format MP3 ou MP4 (compression à définir) et sans DRM. Ce qui permettrait d’avoir une banque sonore conséquente afin d’alimenter le streaming et les offres de téléchargement à construire. L’idéal serait que ces ressources partagées soient ensuite disponible sous forme de webservices à intégrer dans nos catalogues ou nos portails documentaires. Sur cette partie, il y aurait du développement à faire sur Ampache mais cela serait peut-être un moyen de ne plus dépendre d’autres webservices (suivez mon regard c’est américain et cela commence par A…)

Je ne méconnais pas les problèmes de droit qui restent à régler soit grâce à un lobbying visant à faire évoluer la loi vers un compromis entre une juste rémunération des auteurs et le budget des collectivités soit via une jurisprudence sur des bibliothèques où élus et bibliothécaires ont mis en place des services numériques musicaux malgré les risques juridiques.

L’inventivité et le foisonnement d’initiative dans le monde du logiciel libre ou du web 2.0 montre une fois de plus que ce n’est plus un problème d’outils mais de volonté de notre part à faire évoluer les mises en valeur de nos collections. Il y a aussi un peu une question de moyen mais le partage du coût de l’hébergement, du développement et de la maintenance d’une telle plate-formes rendra le coût très vite abordable pour chaque structure.

Qu’en pensez-vous?

Musique 2.0 et bibliothèques: paysage et perspectives

Voici le diaporama présenté lors de la journée d’étude organisée par le groupe ABF PACA, Musique numérique en bibliothèque: innover pour résister. Vous pourrez consulter bientôt sur cette page l’ensemble des interventions de cette journée.

Mon diaporama reprend et actualise mes présentations précédentes sur le sujet.

N’hésitez pas à réagir et compléter.

Musique et BD… libres

Les liens entre musique et BD semblent nombreux, voir la collection BD Jazz ainsi que les magasins ou les espaces de bibliothèques réunissant les deux.

Je découvre grâce à Framasoft, une heureuse initiative mélangeant musique et BD libres:

« Depuis novembre 2007, à l’initiative de Webcomics.fr, des dessinateurs se réunissent régulièrement sur Internet pour créer en direct en écoutant de la musique libre  »

« En août 2007, Webcomics.fr inventait le paintchat filmé. Ce mode de création implique plusieurs dessinateurs, réunis autour d’un tableau blanc virtuel, pour improviser ensemble des dessins suivant différentes contraintes (thème, format, rôles à jouer…). La création est filmée en continu, de sorte qu’on dispose au final d’une sorte de fusion entre bande dessinée et dessin animé. Les clips vidéos tirés de ces séances ont été habillés avec de la musique libre et diffusés sous licence libre. »

Partant pour un paintchat dans votre bibliothèque?

Partager des notices bibliographiques pour la musique

Je reviens ici sur le serpent de mer évoqué régulièrement entre bibliothécaires musicaux qui n’ont pas la chance de pouvoir utiliser Electre: comment disposer d’un réservoir de notices audiovisuelles?

Je trace ici une feuille de route d’une solution possible.

1/Solution technique

  • utiliser un sigb libre, tel que PMB
  • l’installer et le mettre à disposition sur un serveur
  • les bibliothécaires musicaux se connectent, recherchent et ajoutent dans un panier les notices dont ils ont besoin. Si la notice n’existe pas, le bibliothécaire musical la crée puis l’ajoute à son panier. En fin de session, ils téléchargent le panier au format UNIMARC ou autres selon leur propre SIGB. Il reste à ajouter les données locales.

2/la partie bibliothéconomique

C’est la partie la plus délicate: se mettre d’accord sur la notice idéale… Il serait plus sûr de rechercher la notice minimale qui fait gagner du temps à tout le monde.

Il me semble que les éléments suivants suffiraient:

  • titre de l’album
  • auteurs (jusqu’à 3, les pointilleux pourraient faire plus mais on ne demanderait que le minimum)
  • label, année d’édition phonographique
  • description matérielle simplifiée (1/x disque(s) compact(s), 1 digipack, et le matériel d’accompagnement)
  • collection
  • titre des morceaux (pas de titre uniforme en classique)
  • et en option ou pas l’indexation (indice et mots matière).

Il me semble que le reste relève de l’enrichissement local à faire sur son SIGB.

J’ajoute ici qu’on peut créer des profils d’exportation pour récupérer pour son propre SIGB les informations dans les champs qu’on veut.

3/En plus

  • importer des notices existantes et libres de droit pour ne pas partir de zéro.
  • importer des notices existantes mais avec publicité à faire. Je pense bien sûr à Amazon.

4/Coût

Pour financer la solution technique et assurer sa pérennité, il suffirait de demander un abonnement forfaitaire (sans limitation d’importation de notices) qui couvrirait l’hébergement et un peu de maintenance.

J’oublie peut-être des éléments, n’hésitez pas à compléter dans les commentaires.

On pourrait tout à fait étendre cette solution à tous les types de documents si l’on veut un jour se passer d’Electre…

Cette solution est sous creative commons (comme tous les textes de ce blog) et demande à ce qu’une personne (pas moi) ou une équipe s’en empare…