Musique et BD… libres

Les liens entre musique et BD semblent nombreux, voir la collection BD Jazz ainsi que les magasins ou les espaces de bibliothèques réunissant les deux.

Je découvre grâce à Framasoft, une heureuse initiative mélangeant musique et BD libres:

« Depuis novembre 2007, à l’initiative de Webcomics.fr, des dessinateurs se réunissent régulièrement sur Internet pour créer en direct en écoutant de la musique libre  »

« En août 2007, Webcomics.fr inventait le paintchat filmé. Ce mode de création implique plusieurs dessinateurs, réunis autour d’un tableau blanc virtuel, pour improviser ensemble des dessins suivant différentes contraintes (thème, format, rôles à jouer…). La création est filmée en continu, de sorte qu’on dispose au final d’une sorte de fusion entre bande dessinée et dessin animé. Les clips vidéos tirés de ces séances ont été habillés avec de la musique libre et diffusés sous licence libre. »

Partant pour un paintchat dans votre bibliothèque?

Partager des notices bibliographiques pour la musique

Je reviens ici sur le serpent de mer évoqué régulièrement entre bibliothécaires musicaux qui n’ont pas la chance de pouvoir utiliser Electre: comment disposer d’un réservoir de notices audiovisuelles?

Je trace ici une feuille de route d’une solution possible.

1/Solution technique

  • utiliser un sigb libre, tel que PMB
  • l’installer et le mettre à disposition sur un serveur
  • les bibliothécaires musicaux se connectent, recherchent et ajoutent dans un panier les notices dont ils ont besoin. Si la notice n’existe pas, le bibliothécaire musical la crée puis l’ajoute à son panier. En fin de session, ils téléchargent le panier au format UNIMARC ou autres selon leur propre SIGB. Il reste à ajouter les données locales.

2/la partie bibliothéconomique

C’est la partie la plus délicate: se mettre d’accord sur la notice idéale… Il serait plus sûr de rechercher la notice minimale qui fait gagner du temps à tout le monde.

Il me semble que les éléments suivants suffiraient:

  • titre de l’album
  • auteurs (jusqu’à 3, les pointilleux pourraient faire plus mais on ne demanderait que le minimum)
  • label, année d’édition phonographique
  • description matérielle simplifiée (1/x disque(s) compact(s), 1 digipack, et le matériel d’accompagnement)
  • collection
  • titre des morceaux (pas de titre uniforme en classique)
  • et en option ou pas l’indexation (indice et mots matière).

Il me semble que le reste relève de l’enrichissement local à faire sur son SIGB.

J’ajoute ici qu’on peut créer des profils d’exportation pour récupérer pour son propre SIGB les informations dans les champs qu’on veut.

3/En plus

  • importer des notices existantes et libres de droit pour ne pas partir de zéro.
  • importer des notices existantes mais avec publicité à faire. Je pense bien sûr à Amazon.

4/Coût

Pour financer la solution technique et assurer sa pérennité, il suffirait de demander un abonnement forfaitaire (sans limitation d’importation de notices) qui couvrirait l’hébergement et un peu de maintenance.

J’oublie peut-être des éléments, n’hésitez pas à compléter dans les commentaires.

On pourrait tout à fait étendre cette solution à tous les types de documents si l’on veut un jour se passer d’Electre…

Cette solution est sous creative commons (comme tous les textes de ce blog) et demande à ce qu’une personne (pas moi) ou une équipe s’en empare…

Améliorer l’accessibilité des sites de bibliothèques publiques

Comme le fait remarquer judicieusement le titre de la prochaine journée d’étude de la Fulbi, il est temps de séduire en ligne y compris les publics malvoyants.

Je découvre grâce à l’Artesi IDF, un logiciel devenu libre qui a l’air d’être le couteau suisse que l’on peut ajouter à nos sites internet. Confort de lecture, joli nom au passage, apporte une réponse qui semble facile à mettre en oeuvre pour rendre accessible nos sites internet pour les malvoyants.

Ce logiciel permet « un accès direct optimisé pour un afficheur braille ou vocal, mais également une lisibilité améliorée et personnalisable des pages selon plusieurs paramètres. »

« La solution Confort de lecture s’adapte aussi bien aux sites simples que complexes ; elle est en mesure de traiter en temps réel l’intégralité des pages d’un site, qu’il soit développé en A.S.P., Java, P.H.P. ou .NET. Elle s’appuie sur les recommandations du W3C et de la D.G.M.E. et peut être en mode «Webservice» ou en mode « intégré » permettant de ce fait une utilisation sur Internet et sur les Intranets. »

Vous avez une zone de test sur le site. Allez jeter un oeil, c’est assez épatant.

Il n’y a plus aucune raison pour ne pas s’y mettre. Je vais étudier sérieusement la chose pour notre site, notre portail à venir et militez pour que notre Conseil Général l’utilise.

A consommer sans modération!

Revoir le fonctionnement du prêt en bibliothèque publique

En préparant une intervention sur l’évolution des bibliothèques face au numérique, je lisais une excellente enquête faite à Genève sur les non-usagers, les interrogeant sur l’image qu’ils se font de nos établissements, des bibliothécaires, sur l’accueil, sur les obstacles à la fréquentation et leurs attentes.

Cette enquête n’apporte rien absolument révolutionnaire mais elle confirme une nouvelle fois les freins que constituent les contraintes liées aux horaires d’ouverture et aux conditions de prêt.

Si des expériences sont tentés pour favoriser les prêts comme le Pass’partout à Haguenau (prêt de 4 semaines sans limitation de documents sauf 1 partition maximum), le schéma d’un quota par type de support (comptabilité parfois complexe et pas toujours justifié: pourquoi limiter le nombre de cd alors que les bacs débordent?) et pour une durée de 3 à 4 semaines reste majoritairement appliqué. Et si les usagers sont en retard et ont oublié de faire prolonger leurs prêts, les amandes sont parfois salées quand il s’agit d’une famille…

Rapprochons maintenant ce carcan de la disponibilité permanente des ressources web et de son offre supposée infinie auquel vient s’ajouter le développement de service de prêt numérique, est-ce qu’il n’est pas temps de revoir complètement notre conception du prêt?

Je pense pour ma part qu’il devient indispensable de penser autrement ce service notamment pour le fluidifier davantage. Quelques suggestions en vrac:

  • généraliser les boites de retour
  • repenser les durées de prêt par rapport à son contexte. Les rythmes et la manière de vie des français ont changé, les durées et conditions de prêt en bibliothèque très peu. Il serait bien sûr utile de revoir en même temps nos jours et heures d’ouverture. C’est un autre débat.
  • supprimer le nombre limite de livres empruntables et dès que la collection le permet pour les autres supports. Nous le pratiquons le prêt illimité tout support dans les bibliobus du Haut-Rhin et la très grande majorité des gens s’autolimitent en fonction de ce qu’ils savent pouvoir lire d’un passage à l’autre.
  • faciliter le prolongement du prêt par tous les moyens de communication (site web, téléphone mail,…) et accepter plusieurs prolongations avec comme contre-partie de demander le retour de l’un ou l’autre document s’il fait à un moment donné l’objet d’une réservation.
  • envoyer les documents au domicile par la poste

D’autres idées pour éviter que le prêt devienne une pratique ringarde?

Je sais que l’une des grandes angoisses du bibliothécaire est d’avoir des rayonnages vides… Il me semble quand même que l’objectif est d’abord de faire circuler les documents.

L’un des autres point mis en exergue par l’enquête genevoise, c’est la mauvaise image des bibliothèques auprès des ces non-usagers. J’y reviendrais.

Il n’y a pas assez de musique en bibliothèque

Je reprends doucement le fil de ce blog pour vous signaler que la revue de l’ABF, Bibliothèque(s), a bien voulu publier dans son dernier numéro (36, décembre 2007) un article écrit par mes soins sur la question de la place de la musique en bibliothèques. Il sera mis en ligne dans son intégralité début février sur le site de l’ACIM.

Contrairement au pessimisme ambiant, je défends l’idée que les bibliothèques constituent le dernier accès à une vraie diversité musicale pour peu qu’on se donne la peine de continuer à maintenir et constituer des fonds tout en développant les activités telles que l’animation, la formation, l’information sur la vie musicale locale et pourquoi pas en devenant un espace de pratiques musicales amateurs. Ces évolutions sont possibles car les bibliothécaires musicaux sont peut-être les derniers généralistes de la médiation musicale face aux grandes surfaces spécialisées, aux disquaires spécialisés et aux communautés musicales virtuelles.

Je crois bien sûr qu’il faut expérimenter des services en lien avec la dématérialisation de la musique mais il me semble prématuré de tout miser là-dessus pour des équipements nouveaux. En outre il me paraît dangereux en terme de défense de la diversité culturelle que de vouloir abandonner la musique en bibliothèque sous prétexte qu’internet l’a tué.

J’attends vos réactions et vos compléments à cet article.