Qu’est-ce que les bibliothèques peuvent apporter au web (2.0)?

A la demande de l’Enssib, j’ai présenté à la promotion J-P. Vernant un diaporama sur le web 2.0 et les bibliothèques:

Souhaitant renouveler ma présentation sur cette problématique et suite à la réflexion d’une collègue lors d’une formation en interne (« Il va falloir mettre de l’ordre dans tout cela »), je me suis dis qu’il fallait peut-être inverser la question et se demander: qu’est-ce que les bibliothèques peuvent apporter au web 2.0?

Voici les pistes que j’avais en réserve sur mon diaporama:

  • Des données bibliographiques libres et ouvertes à la réutilisation à condition que nos logiciels de bibliothèques changent radicalement d’approche (en permettant notamment les liens permanents avec des notices)‏
  • Etre un label de confiance: sélectionner et valider des sources, des informations ou des documents.
  • Créer des informations validées et mises à jour sur des blogs ou participer à des wikis.
  • Faire du lien social autour des pratiques culturelles virtuelles
  • Etre un lieu de mémoire intermédiaire en préservant pour un temps des informations ou des documents engloutis par le flux du web.
  • Proposer des formations et tutoriels pour utiliser les outils du web, faire une recherche d’information, vérifier une information, apprendre une langue via internet,…
  • Enrichir l’information existante en commentant des blogs ou complétant des wikis
  • …et participer à la création d’une information validée: écrire/compléter des articles dans Wikipedia et participer à des services de Questions/Réponses en dehors de ceux créés par nous.

La question reste ouverte à vos contradictions et vos compléments.

Ebauche de discoflux: une sélection de sites pour bibliothécaires musicaux

A l’image du Biblioflux, un discoflux est en cours de finalisation. Il s’agit d’une sélection de sites utiles aux bibliothécaires musicaux. Stephan Cotrelle, Pierre Rebuffet, Nicolas Blondeau est moi-même avons travaillé sur cette ébauche qui attends vos suggestions:

http://discoflux.acim.asso.fr/portal/index.php

L’objectif est de fournir à ceux qui n’ont ni le temps ni l’envie d’utiliser un agrégateur de flux RSS sur une page et différents onglets un panorama de sites musicaux et professionnels.

Nous utilisons posh ,un logiciel libre, distribué par la société Portaneo. Il permet de faire un site à la manière de Netvibes. Vous pouvez modifier les pages à votre convenance en ajoutant ou supprimant des sites. Nous préparons une page d’aide à ce sujet. En attendant vous pouvez consultez l’aide du Biblioflux.

Les commentaires et les suggestions sur les bienvenus.

Ecoute musicale à partir d’un catalogue en ligne de bibliothèque

La Médiathèque de St Herblain propose depuis quelques mois un catalogue 2.0 avec des couvertures ou jaquettes de documents, la possibilité de commenter des notices et la suggestion d’emprunt (ceux qui ont emprunté ce document ont aussi emprunté…).

Je découvre aujourd’hui grâce à PK que les auditeurs peuvent écouter depuis chez eux des extraits musicaux. C’est intégré dans l’OPAC. Allez dans la rubrique catalogue puis cherchez votre chanteur préféré ou un groupe connu, puis écoutez (à condition d’avoir Realplayer) [bientôt une copie d’écran]

Sauf erreur de ma part, il s’agit d’une première en France (merci de contredire dans les commentaires s’il y a eu déjà des initiatives dans le domaine). Je serais curieux de connaître les tenants et aboutissants techniques et surtout légaux. Est-ce qu’il y a eu une négociation avec la SACEM ainsi qu’avec les producteurs?

[HS] Les quatres livres…

Sophie C. vient de me marabouter à travers une chaine. J’y réponds volontiers.

Les 4 livres de mon enfance / adolescence

  1. Fantomette (ce n’est pas pour copier Sophie mais j’ai dû lire toute la série)
  2. Langelot (le James Bond français dans la bibliothèque verte avec des histoires solides et captivantes)
  3. Luc Orient (une BD de science-fiction avec de somptueux décors, les dessins ont mal vieillis)
  4. Et bien sûr les Rubriques à brac de Gotlib qui me font toujours beaucoup rire.

Les quatres écrivains que je lirai et relirai:

  1. Guy de Maupassant (surtout Fort comme la mort, je suis admiratif de son style et de son sens de la narration)
  2. Jeanne Benameur (ces textes me touchent beaucoup)
  3. Paul Eluard (je lis beaucoup de poésie et Eluard reste mon poète favori)
  4. Claude Simon ( découvert à la fac et j’adore suivre sa caméra dans des descriptions labyrinthiques)

Les 4 auteurs que je ne lirai plus jamais

Il m’est difficile de répondre à la question car j’applique depuis longtemps l’un des conseils de Daniel Pennac. Si au bout de quelques pages, de 20 à 50, je n’accroche pas, j’arrête ma lecture. Du coup, je ne me souviens pas des lectures détestées sauf scolaires ou universitaires: Victor Hugo, Ronsard et Dostoïevski (les Frères Karamazov restent un cauchemard). Dans les plus récents, je n’ai pas accroché à Erri De Luc et je ne suis jamais arrivé à lire un Pepe Carvalho de Manuel Vázquez Montalbán alors que j’avais beaucoup aimé l’adaptation télévisuelle.

Les quatres premiers livres de ma liste à lire

  1. L’immeuble de Mathilde de Hassan Daoud (nous accueillons l’auteur dans le Haut-Rhin à l’occasion des Belles Etrangères sur le Liban et le compte-rendu d’une collègue m’a fortement intrigué)
  2. Champs de Castille d’Antonio Machado (poète espagnol déjà lu. Sa poésie est un âpre mélange de désespoir et d’envie de vivre)
  3. O Révolutions de Mark Z. Danielewski (roman de la rentrée littéraire. Je suis curieux de voir comment fonctionne ce choix formel avec l’histoire)
  4. La disparition de Richard Taylor de Arnaud Cathrine (un auteur que j’apprécie et que je suis)

Les quatres livres que j’emporterais sur une île déserte

  1. Triptyque de Claude Simon
  2. Capitale de la douleur de Paul Eluard
  3. Abzalon de Pierre Bordage
  4. Les Demeurées de Jeanne Benameur

Les dernières lignes d’un de mes livres préférés:

« Les mots sont là.

Elle apprend.

Elle ne peut plus s’arrêter.

Elle apprend les mots, tous les mots. Et elle apprendra. Dans les petits livres de broderie que lui donne Madame, sur les boîtes de farine, de café, sur les morceaux de journal qui servent aux épluchures, sur les pancartes, elle apprend. Elle n’arrêtera plus.

Le monde s’est ouvert.

Chaque soir, elle brode les mots nouveaux, se les répète silencieusement.

Chaque matin, elle vient les réciter ici.

Elle ne s’arrêtera plus.

Les parôles de Luce s’élèvent.

Elles ne demeureront plus.

Sur la terre, jour après jour, elles portent son souffle. »

dans Les demeurées de Jeanne Benameur (Edition Denoel)

Je ne fais pas suivre la chaîne. A chacun de voir s’il veut s’emparer de ce jeu.

La bibliothèque des livres vivants arrive en France

Après le Danemark, le Conseil Général de Meurthe et Moselle propose d’emprunter des êtres humains pour 20 à 30 minutes. L’objectif de la bibliothèque des livres vivants est de lutter contre les préjugés que nous pouvons tous avoir contre des nationalités, des préférences sexuelles ou des modes de vie. Le catalogue (sic) de cette bibliothèque comprend une handicapée, un bénéficiaire du RMI, un jeune de quartier, une femme maghrebine, un SDF, un homosexuel, une lesbienne et un tsigane. Le Français moyen ou la ménagère de moins de 50 ans sont-ils en commande? En effet, le jeune de quartier a peut-être lui aussi des idées reçues de ce qu’est un français…

Je trouve malgré tout l’initiative intéressante même si le fait que la bibliothèque soit localisée dans un forum FNAC me gêne un peu. Dans une sociéte où le brassage existe de moins en moins et où la méfiance s’est installée vis à vis de ce qui est différent, c’est une action visible d’une collectivité soutenant la diversité et incitant à la curiosité envers autrui. Cela a certes un parfum de télé-réalité mais dans ce domaine toutes les stratégies sont bonnes à prendre. Est-ce une préfiguration de ce qu’Olivier Ertzcheid appelle the Next Big Thing: cataloguer l’individu.

Lecteurs ou bibliothécaires nancéiens, faites-nous part de vos impressions.

Que pensez-vous de cette action?

Merci au camarade de promotion Christophe Robert pour l’information

Quel avenir pour le patrimoine musical en bibliothèque?

Pour ne pas que cette question cruciale du patrimoine musical à l’heure de la numérisation reste dans les limbes du commentaire d’un précédent billet, je reprends ci-dessous pour le prolonger le texte de Gilles Pierret (mise en gras par mes soins):

« Je voudrais juste ici répondre sur un point qui a été abordé dans une des réponses ci-dessus, à savoir la question de la numérisation et de la valorisation des fonds de vinyles encore en possesion des bibliothèques.


A mon avis, la numérisation apparaît comme une chance à saisir pour enfin prendre conscience de l’importance de ce patrimoine largement délaissé jusqu’ici, sauf par quelques très rares institutions. Il me paraît évident que la valorisation de ces documents, souvent devenus introuvables, prend un relief tout particulier à l’heure de la disparition programmée des supports et de la “virtualisation” de la musique. Mais la mise en oeuvre de ces principes est beaucoup plus difficile qu’on ne le pense. cela suppose:


1.de s’atteler à la réalisation d’un inventaire des fonds existants -tâche particulièrement difficile dans la mesure où il s’agit d’un terrain vierge entièrement à défricher, -la notion même de conservation des documents sonores n’étant pas une donnée vraiment intégrée chez les professionnels;


2. de mettre en place un plan -régional pour commencer- de lieux de conservation partagée, pilotée par une bibliothèque volontaire officiellement missionnée pour le faire et disposant d’un minimum de moyens (sur le modèle de ce qui se fait, par exemple pour la littérature jeunesse en Idf sous la houlette de houlette de l’Heure joyeuse et de la JPL).


3.de créer des bases régionales consultables en ligne,répertoriant les fonds et documents numérisés, ce qui implique une réflexion sur les objectifs poursuivis(quels documents numériser, pour quels usages ?)et la définition de principes communs, bibliothéconomiques (quelles métadonnées associées) et techniques (quel niveau de qualité, quels formats de lecture ?).

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